• Le Carnet d'un Brave - 5

    Le 3 août 1914. Réveil à 5 heures.7 heures le bataillon est rassembler et nous partons pour Hornu fournir un avant-poste sur la grand’place, arrivée à l’avenue de Jemappe le commandant commande 8 hommes pour fournir une avant garde à la compagnie. L’avant-garde a pour mission de protéger la compagnie jusqu’à Hornu et de la elle doit faire patrouille parmit les villages alentour.Moi je suis resté à Hornu avec la compagnie, les habitants nous on très bien reçu, quand nous sommes retourné le soir, nous avons prit le 1er tram et nous sommes retourné à Mons vers 10 heures du soir.Comme toujours le texte est reproduit tel qu’il figure dans le carnet.Ces lignes reflètent parfaitement l’état d’esprit de ceux qui étaient tout en bas de l’échelle.Ils s’en vont à Hornu qui n’est pas loin de la garnison. Comme la plupart, Gustave ne se pose pas la question du « pourquoi ».  Certains participent à des patrouilles. Lui reste avec le gros de la compagnie qui est la 1ère du 3e Bataillon et puis tout le monde revient par le tram.Rentrés à 10 heures à la caserne, les soldats devront encore ranger leur équipement,  le nettoyer au besoin par crainte d’une inspection.Ils  dormiront peu. 

  • Témoignages - le Capitaine Duranlor

    Après la guerre il y eu profusion d’écrits  sur les quatre années terribles qui venaient de s’écouler.Beaucoup de ces récits émanaient de militaires  et couvraient souvent un théâtre d’opération très vaste.Des écrivains  comme Dorgelès ou Barbusse  décrivaient la vie du fantassin et sa misère quotidienne.A côté de ceux-là il y avait la foule des témoins anonymes qui intéressaient peu ou pas le chroniqueur.Vint 1939 et un nouvel affrontement et « ceux de 14 » firent figure de fossiles.Dommage !En 1964 il y eu bien un regain d’intérêt et  - il était temps - apparurent des témoignages intéressants tels celui de Joseph Ernest paru dans le « Vieux Chatelet »*, société d’histoire de la ville du même nom.En août 1914 ce monsieur qui habitait Bouffioulx était âgé de 32 ans puisque né en 1882.Le 24 de ce mois-là, il fut requis par les Allemands et dirigé avec un groupe d’hommes de la localité vers le « Bois des Minières »  afin d’y creuser une fosse commune dans laquelle devaient être jetés les cadavres des soldats français morts plus tôt.Il y avait 21 corps dont celui d’un officier français la poitrine ornée de nombreuses médailles.C’était le capitane Duranlor.L’officier allemand  commandant le détachement dit « Officier, premier dans la fosse. Décorations renvoyer famille.  Képi sur la tombe ».Le capitaine Duranlor  prit donc place le premier dans la fosse commune dont M. Ernest avait gardé les dimensions en tête.  Elle mesurait 10 m de long sur 2 de large avec 1 mètre de profondeur.

    Le képi se souvient encore le narrateur disparu dès le lendemain.  

    * 4ème Annuaire 1963-1964.
  • Baïonnette modèle 1892

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    Elle se fichait sur les mousquetons français modèles 1892 et 1892/27, 1916/27 ainsi que la carabine modèle 1890/15.Les fusils indochinois 1902 et colonial 1907 en étaient également équipés.

    Sur le quillon poinçons et numéro.


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    La lame  possède à son extrémité une venimeuse rainure en « V » d’une quinzaine de centimètres.

    Un ingénieux système d’encoches (une de chaque côté) verrouille littéralement la lame dans son fourreau évitant toute sortie intempestive lors d’un retournement de l’ensemble.


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    La lame  seule mesure 400 mm pour une largeur de 23 mm et une épaisseur de 8 mm.La longueur totale est de 514 mm.Celle-ci est du 1er modèle car il existe un deuxième modèle qui ne se distingue du précédent que par la largeur de la douille ainsi qu’un troisième modèle que l’on reconnait immédiatement à son quillon dont il ne reste plus qu’un embryon.Les dimensions des trois types sont identiques. 
  • Le général Baron Michel

    Edouard Michel fils d’un ingénieur des mines fit toutes ses études à l’Athénée de  Charleroi, sa ville natale, avant d’entrer  à l’Ecole  Militaire. Ayant opté pour les « armes spéciales », il fut artilleur. Il obtint tous ses grades dans cette arme et devint Inspecteur Général de l’artillerie. 

    Avant le drame de Sarajevo il eut la douleur de perdre son fils unique qui succomba à une crise de paludisme à Elisabethville  (qui s’appelle maintenant   Lubumbashi).


    GnlMichel
     En 1914 il est nommé commandant de la Position Fortifiée de Namur (PFN). Après la guerre il commandera les troupes belges  occupant la Rhénanie. Il reçu le titre de Baron en récompense de sa conduite magnifique au cours du conflit. 

    A Malines une caserne qui fut celle du 17eme de Ligne  a porté son nom.


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    Elle a servi longtemps encore après la deuxième guerre hébergeant un Centre d’instruction pour les TTR, une école d’administration pour être  aujourd’hui démolie  L’espace libéré est à usage de bureaux pour  Telenet notamment.  La pioche des démolisseurs a toutefois épargné une tour d’angle située sur la Liersesteeweg .Le fait qu’il eut épousé une malinoise (Melle Deisser) a certainement contribué à ce que l’on baptise  cette Caserne du nom de « Baron Michel ».
  • Le Carnet d'un Brave - 4

    2 août 1914. Levé à 5 heures, Gustave est consigné comme tout le régiment.Il  voit arriver les chevaux réquisitionnés malheureux innocents  qui plongent leur regard effaré dans les yeux glacés des automobiles pétaradantes  qui les encerclent.

    Parents et amis se sont précipités pour saluer leurs petits Chasseurs avec l’espoir que ce ne sera la dernière fois.


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    Et parmit eux  mes chers parents sont venu me voir aussi ainsi que mes sœurs ma petite nièce Irène et ma chère amie Julia.  Mes parents se charge de remettre à mon ami Gaston les meilleurs amitié de ses chères parents…(…)Je suis bien triste que je doit quitté sistot mes chers parents et ma chère amie Julia ma chère sœur et ma petite nièce Irène. C’est touchant.Notre ami ne veut oublier personne dans sa peine : s’il meurt qu’ils sachent qu’il les a beaucoup aimé !  N.B. :Comme d’habitude, j’ai respecté l’orthographe du rédacteur dans les fragments du journal cités en italique.    
  • Edith Cavell

    On se souviendra  de la couverture de la collection Patrie publiée  le 05-12-2007.

    ECavell-Patrie

    Voici ce que A. Norec, l'auteur du récit,  écrit à propos de la fin de cette héroine :

    Dans la cour du Tir National attenante à la prison, une femme en costume d'infirmière marchait sous escorte vers un mur.  Derrière elle un peloton de fantassins allemands attendait l'arme au pied.

    (...)

    A vingt-cinq mètres du mur la nurse s'affaissa.  Ses forces physiques, moins grandes que son courage, venaient de l'abandonner.

    L'officier donne un ordre à deux hommes de l'escorte. Ils transportent Miss Cavell au pied du mur où ils la laissent étendue.

    (...)

    Un commandement bref éclate suivi de la détonation des fusils.

    Sur cet assassinat à huis clos, divers récits ont été faits qui différent en quelques points de détail.  D'après l'un d'eux, les soldats allemands ayant refusé de faire feu sur une femme évanouie, c'est l'officier allemand lui-meme qui aurait d'un coup de revolver dans la tempe, brulé la cervelle de la martyre.


    Voici maintenant l’avis tel que publié par le Gouverneur allemand le 12 octobre 1915 :

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     Comme on le lit, Miss Cavell n’était pas la seule à être jugée lors de la séance du 9 octobre 1915.Les sanctions sont lourdes.On peut se poser la question de savoir où étaient effectuées les peines ?Par exemple dans quel genre d'endroit  l’épouse ADA Bodart allait-elle subir ses 15 ans de travaux forcés ?L’histoire n’a retenu que quelques grands noms de ces fusillés de la Grande Guerre et pourtant en feuilletant les avis je m’aperçois que la chose va devenir courante à partir de 1915.

    Pourquoi Edith Cavell a-t-elle été immédiatement fusillée :


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     Alors que madame Louise Thuliez, professeur à Lille, pourtant également condamnée à la peine capitale ne l’a pas été ?     
  • Le Carnet d'un Brave - 3

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    30 juillet soir. « Après nous avoir débarrasser de notre équipement nous sommes aller  faire un tour en ville afin de souper »  Voilà qui tranche singulièrement avec les écrits alarmistes que l’on retrouve dans les journaux  de ce jour. Après avoir déposé son équipement dont le lourd fusil 1889, il s’en va en compagnie de son copain Gaston souper dans quelque restaurant de la bonne ville de Mons.  31 juillet 1914. « Le 31 réveil 5 heures.  On nous met dans les rangs et nous partons sur la plaine de Nimy faire l’exercice jusque 11 heures. Alors on rentre à la caserne en nous faisant marcher au pas  au son du clairon.  L’après-midi repos, le soir on a encore la permission de sortir afin d’aller souper » . Heureux temps où les militaires marchaient au son du clairon. Je publierai un jour les différentes musiques qui accompagnaient le soldat du Réveil à l’Extinction des Feux et Lumières. La caserne dont parle notre ami est la »Caserne Guillaume »  que les Montois appelaient affectueusement « Caserne des p’tits Chasseurs ».  Elle deviendra par la suite « Caserne  Major Sabbe »  dont  une partie des bâtiments est toujours occupée de nos jours notamment par la télévision communautaire.Elle est située rue des Sœurs Noires à Mons. 01 août 1914. « Le 1. Réveil à 5 heures on ne sort de la chambre, le commandant fait inspection et fait la distribution de cartouches.  120 à chaque homme, le soir il est encore permis de sortir jusque 8 heures ». C’est l’horaire d’été qui est en application  les militaires se lèvent à 5 heures.  S’il y a distribution de cartouches c’est que la menace est pressante et que l’armée est pratiquement sur pied de guerre.       P.S. : En italique le texte in extenso tel qu’il figure dans le carnet.  On remarquera une fois de plus le peu de fautes qu’on y rencontre.