• Le 75 d'Aristide Quillet

     

    Aristide Quillet autodidacte et prolifique façonneur d’encyclopédies a  publié en 1916 « L’Histoire illustrée de la guerre du droit » dans laquelle on peut se livrer à l’effeuillage d’un 75.


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    Les commentaires sont dithyrambiques « Notre pièce de campagne qui rendra à jamais illustre le chiffre de son calibre 75 millimètres.. »

    « Grâce à sa mobilité, grâce à la qualité des obus qui éclatent en une gerbe horizontale et se brisent en milliers d’éclats pénétrants, grâce à son tir aussi rapide que celui d’un fusil à répétition, il est l’instrument par excellence des tirs de barrage contre l’infanterie ».  

    La guerre n’est pas finie on en  est d’ailleurs  encore loin  mais l’auteur  Emile Hinzelin ne le sait évidemment pas  lorsqu’il conclut : « A la fin de 1915, l’Allemagne est assiégée.  Elle rationne tout et commence à manquer de certaines choses indispensables.  Les Alliés, au contraire, ont la maîtrise des mers, ce qui est pour eux, une victoire de toutes les heures. L’Allemagne est obérée. ».

    Vision idyllique et pronostic  optimiste que les événements vont bien vite rendre caduques au cours de la  sanglante année 1916.

     

  • Le Miroir - 13 septembre 1914.

    Dimanche 13 septembre 1914.


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    En couverture les « soudards » du kaiser faits prisonniers  à Neufmoutiers.

    Jusqu’à présent Le Miroir ne nous a parlé que d’affrontements victorieux et si l’on recule c’est sur le front belge : on suppose que le lecteur de l’époque s'est interrogé sur la présence de ces soldats allemands en  Seine-et-Marne !

    Dans le rédactionnel on trouve  les commentaires concernant les opérations en cours :

    « Lundi 31 août.  A notre droite dans les Vosges et en Lorraine après des échecs partiels nous avons pris une vigoureuse offensive et l’ennemi recule.  Au centre dans la direction de la Meuse, nous avons eu des alternatives d’échecs et de succès, mais une grande bataille est engagée.  A gauche, c’est-à-dire dans la région de Dinant, Charleroi et Mons, les forces franco-anglaises, pour éviter d’être débordées par l’Ouest, ont dû se replier malgré des contre-offensives heureuses »

    Il n’y a donc pas lieu de s’alarmer ce que comprennent les Parisiens : « Deux avions allemands ont encore volé au-dessus de Paris sans  réussir à émouvoir la population qui s’habitue à ces visites ».

    D’ailleurs « le  mercredi 2 septembre trois Taubes ont survolé Paris.  Une vive fusillade les a fait fuir.  Deux d’entre eux auraient été abattus dans la banlieue. »

    L’affaire du drapeau pris aux Allemands est de nouveau évoquée :

    « dans un récent combat, le drapeau du 38e régiment d’infanterie allemande a été pris par deux soldats du 137e d’infanterie.  En récompense de ce brillant fait d’armes, la croix de la Légion d’honneur a été conférée au drapeau du 137e ».  Espérons que les braves fantassins l’ont reçue aussi !

    En dernière page sous le plan de la ceinture de forts parisiens une curieuse photo nous montrant les cabines de bains d’Ostende transformées  en habitations provisoires pour ceux qui ont dû fuir les zones de combats.

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  • Illustrierter Kriegs-kurier 7.

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    En couverture la photo du Fregat-Kapitein von Müller commandant du navire corsaire Emdem coulé  après avoir causé d’énormes pertes à la navigation de commerce anglaise.

    L’Emden fut coulé au large des iles Cocos.  Il s’apprêtait à refaire du charbon lorsque le Sidney un croiseur auxiliaire australien fit route vers lui. Lors du combat qui s’ensuivit les canons du Sidney qui étaient du calibre 152 mm surclassèrent rapidement les 105 de l’Emden.

    Le capitaine de frégate von Müller  quitta le dernier l’épave de son vaisseau et fut capturé par les Anglais.

    On trouve dans ce numéro un document  destiné à justifier les mises à sacs et autres saccages gratuits dont ne se sont  privées les troupes allemandes au cours de ces premiers mois de guerre.

    Pour ce faire, la rédaction  de Kriegs-Kurier publie un document photographique paru  dans le New York Tribune du 22 octobre 1914 et montrant « Comment les Belges ont mis en danger leurs églises ». » témoignage irréfutable de l’usage d’édifices religieux pour des buts militaires par les Alliés. »


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    Ils ressortiront encore de nombreuses fois l’argument notamment lors du bombardement de la cathédrale de Reims.

    Publication encore du nombre de prisonniers faits par les Allemands à la date du 1er novembre 1914 :

    Français :  3138 officiers et 168618 soldats ; Belges 537 officiers et  34907 soldats ; Anglais 417 officiers et 15730 soldats.   Ce tableau est agrémenté d’une photo  d'une troupe nombreuse de « déserteurs français transportés près de Toul par des soldats allemands ».

    Si l’on en croit le Kriegs-Kurier non  seulement les Français désertent mais leurs blessés adressent encore une lettre à leur président au départ de l’hôpital de Paderborn :

    Monsieur le Président,

    En présence de l’accueil si sympathique que les blessés français reçoivent à l’hôpital Saint-Vincent de Paderborn (Westphalie), nous nous faisons un devoir de vous signaler l’empressement si louable avec lequel le personnel médical et hospitalier s’occupe d’améliorer notre sort  et nous sommes heureux (…).

    La lettre manuscrite est reproduite accompagnée des signatures de blessés parmi lesquelles celles de soldats du 115e  sont les plus nombreuses...Courvoisier, 28ème Inf.- Ollivier Edouard, Sergent au 47ème Rgt Inf.- L. Aubry 115e- Inf., Leveau, 115e Inf.- Beaufils, 115e-  Petit, 3ème Zouave, …etc..

  • Carte-postale – la Grosse Berthabis

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    Dans La Science et la Vie de juillet 1938, le général Niessel explique comment  la « Grosse Bertha » fut découverte grâce au repérage par le son.

    Une copie de la bande d’enregistrement est jointe à l’article et permet de mieux comprendre la manière dont  l’estimation de la position de la batterie allemande fut faite.


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    Petite digression : l’Histoire est un éternel recommencement et dans ce même numéro de La Science et la Vie, Charles Berthelot  disserte longuement sur la production des essences de synthèse.

    En 1938, était prévue une  production annuelle en France de 300.000 tonnes d’essence de synthèse.

    « les résidus pétroliers des raffineries, les huiles de schistes et les asphaltes, sans oublier les goudrons primaires provenant de la distillation des charbons à basse température  constitueraient sans doute dans notre pays, la matière la plus convenable pour une fabrication des essences de synthèse sur des bases économiques vraiment saines ».

    (…)

    « un programme a été établi, voici plus de deux ans par l’Office National des Combustibles Liquides mais n’a pu être réalisé faute de crédits ».

     

    Tout est dit et 70 ans plus tard on s’inquiète d’autres sources d’approvisionnement en carburant.

    L’auteur a visité en Angleterre  la seule usine produisant  de l’essence suivant les procédés Bergius par hydrogénation des huiles de créosote mais écrit-il «  le coût de l’essence de synthèse à l’usine est voisin du triple de celui de l’essence naturelle au port d’importation ».

     

     

      

  • Carte-postale La Grosse Bertha

    GrosseBert

    Un monstre que cette « Grosse Bertha » !

    Un premier  tube de marine de 88cm dans lequel était inséré un second qui ramenait le calibre à 21 cm.

    La longueur de ce tube était de 34 m ce qui justifie le haubanage que l’on aperçoit sur la carte-postale.

    L’ensemble pièce, affut et accessoires atteignait le poids de 750 tonnes.

    Poids et mesures des obus variaient en fonction de l’usure du tube qui passait progressivement de 21 à 23,5 cm, de 100 à 115 kg et de 0,90 m  pour l’obus n° 1 à 1,11 pour le dernier (généralement 65). Ils étaient munis de deux fusées afin d’éviter tout raté d’éclatement, un projectile non éclaté pouvant fournir d’utiles renseignements à l’armée française.

    La charge de 150 kg de poudre propulsait l’ogive à une vitesse initiale de 1600 m/s !!

    Malgré les haubans la pièce avait tendance à s’incurver aussi avant chaque coup vérifiait-on au moyen d’une glace en verre dépoli placée à la bouche et d’une lunette à réticule introduite à la place de la culasse que l’âme était bien rectiligne.

    Le nom officiel de ce terrible engin était Ferngeschütz (canon à longue portée).  Les artilleurs l’appelaient aussi Pariser Geschütz (canon de Paris). Le terme dicke Bertha était non-officiel et péjoratif.

    Le premier coup fut tiré le 23 mars 1918 à  7 h 9 min. 50 sec. 

    Le tir cessa à 14 h pour reprendre le lendemain dès 7 heures du matin.

    La Grosse Bertha tira quelques 320 coups.

    Comme on le constate les salves n’étaient pas très denses et ne duraient que quelques heures pour éviter le repérage de la pièce par l’aviation française.

    Les derniers coups furent tirés le 9 août 1918 au départ de Ham près de la voie ferrée de Laon à Amiens.

    La pièce fut ensuite démontée et ramenée en Allemagne où elle disparut complètement !

    Après la défaite allemande et malgré de nombreuses recherches les Alliés n’en trouvèrent aucune trace.   

     

  • Cartes-postales - L'Etre Aimé

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    Le musée possède également  une collection de cartes-postales aux thèmes idéalisés.


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    La femme et surtout celles qui attendaient le retour de l’être aimé étaient largement représentées.On peut se demander quel était l’impact  de ces envois sur le fantassin confronté aux dures réalités des combats.Que pouvait penser l’homme au retour d’une garde angoissante, les doigts engourdis par le gel et le cœur battant toujours aux bruits de  la nuit  qui déchiffrait les mots tendres à la lueur d’une chandelle dans sa gagna malodorante.  Riait-il de ces fantassins de fantaisie aux tenues souvent inappropriées, les pieds bien pris dans des chaussures de ville ?Ceux ou celles qui les adressaient  choisissaient-ils à dessein tel ou telle représentation ?S’imaginant qu’elles étaient plus « parlantes » les unes que les autres ?Dans le petit échantillon montré ici la fillette est libellée « mon cher frère » ; Loin des yeux, près du cœur est « mon cher petit Eugène et cher bien aimé » ; Garde l’espoir  est  « Bien le bonjour et mille bons baisers » ; le rêve du chasseur est "cher ami" et le texte serait plutôt celui d’un copain qui ironise sur les fantasmes de l’homme au front.

    J’en ai examiné plus d’une centaine mais constaté qu’on ne peut se faire une opinion sur l’expéditeur en se référant au sujet de la carte

     

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  • Le pistolet FN Modèle 1900.

    Conçu par le très inventif John Moses Browning ce pistolet est usiné par la  Fabrique Nationale d’Armes de Guerre située à Herstal  en Belgique.

    Pour son époque, c’est une arme novatrice.

    FN1900-Eclate

     Aisément reconnaissable grâce à son ressort récupérateur situé au-dessus du canon, il est l’un des premiers pistolets automatiques à fonctionner sans problème.Malgré la minceur de sa carcasse il bouge à peine lors du départ de sa munition qui est la 7,65 mm ou 32 ACP.A la première prise en main on est surpris par le  guidon qui s’insère  haut dans le « V » du cran de mire.La visée est de plus impossible en position non armée car la biellette de liaison entre la tige-guide et le percuteur fait saillie devant la hausse et masque la ligne de mire.Je le juge peu précis et ne suis jamais arrivé à des résultats valables.La sûreté de fonctionnement est remarquable et ce plus que centenaire n’a connu au cours des essais aucun raté !Le crochet du chargeur situé au bas de la crosse est malaisé à manipuler.Le « démontage de campagne » est simple : il suffit après avoir enlevé le chargeur d’ôter la vis du verrou et  dégager la glissière vers l’avant.  Apparait le ressort du percuteur qu’il faut enlever de son logement.  On sort alors le verrou par l’arrière et… c’est tout !Une solution idéale pour le militaire qui doit entretenir l’arme dans des conditions difficiles.

    Adopté par la Belgique en 1900 et le Luxembourg en 1903, il est muni d’une gaine en cuir dans laquelle se logent 2 magasins de réserve, un tournevis et une baguette de nettoyage.

    FN1900 001


    Pour rappel cette arme est soumise, en Belgique, à autorisation délivrée par le gouverneur de la province du domicile de l’acquéreur.