• 1914 - 19

    Novembre 1914.

    1914-nov14

    Les casques à pointes se profilent contre la  Mer du Nord à Ostende.

    D’autres documents nous les montrent  dans Westende dont une « partie a été détruite par le bombardement anglais ».

    C’est la Kriegsmarine qui occupe la côte belge ainsi qu’en attestent les photos  de « canots automobiles d’Ostende transformés en Canots-Mitrailleuses » ou celle de « l’infanterie de marine à l’exercice sur les quais d’Ostende » fusils braqués vers le large.

    L’Armée Belge s’est échappée d’Anvers  et le périodique publie  les dégâts volontaires qu’ont occasionnés les belges avant de s’en aller « train  sans pilote lancé d’Anvers pour anéantir un train de munitions », « Tanks à pétrole incendiés.. », « autos détruites.. »…

    Une « quatrième arme » est née, l’aviation. La légende de la photo constate cet état de fait « c’est la première fois que l’aviation entre en scène dans l’art de la guerre.  Infanterie, cavalerie, artillerie sont dominées par ce quatrième organisme qui précède et instruit les trois autres.

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  • Le Miroir 20 septembre 1914.

    La photo de couverture est une reconnaissance du sacrifice exigé  des  troupes coloniales dont le sang coule  en abondance sur tous les théâtres d’opérations.

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    Mardi 8 septembre la marche en avant des  troupes allemandes est définitivement arrêtée  subissant  l’assaut des troupes françaises tant à Fère-Champenoise,  Montmirail, Meaux  qu’au Col des Fourneaux.

    Le lendemain 9 septembre, le général Gallieni félicite le soldat réserviste Guilmard qui s’est emparé du drapeau du régiment  des Fusiliers de Magdebourg.

    Vendredi 12 (toujours d’après Le Miroir) les troupes allemandes évacuent Vitry-le-François, cèdent l’Argonne et refluent en Lorraine.   En Belgique l’Armée d’Anvers dessine une vigoureuse offensive contre les Allemands à Termonde.

    D’après le périodique  les troupes allemandes refluent donc  partout en désordre  sur la Vistule, en Silésie, en Galicie en France et en Belgique.

    Dans les photos des « figures les plus héroïques » citons l’aviateur breton Brindejonc des Moulinais cité à l’ordre du jour pour ses reconnaissances héroïques ;  Leysen boy-scout belge décoré par le Roi Albert pour avoir fait arrêter onze espions ;  le capitaine aviateur Nesteroff  qui s’est lancé sur l’avion de son adversaire autrichien  … et pendant ce temps-là  « Nos troupiers ont bon appétit » ce que confirme la légende figurant sous les deux troupiers hilares « Ah ! que le « frichti » est donc savoureux ! Le « singe » que l’on blaguait si volontiers ne trouve plus un seul détracteur.

    Le moral est bon et l’on « pêche à quelques kilomètres de l’ennemi »  car « beaucoup de nos soldats ont emporté des lignes et entre deux échauffourées ils trouvent le moyen de taquiner le goujon ». Photo (retouchée)  à l’appui !!

    Carrey  gratifie le lecteur d’une belle composition sur la chasse au Taube aux environs de Paris.   

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  • Le Petit Cimetière

    C’est un petit cimetière où les défunts s’interpellent du bout de leur croix se racontant des décès sans histoire tous sauf ce père et ses deux fils assassinés par les Uhlans de la Mort  en août 1914.


    Obaix 005

    Dans l’historique du Régiment d’Infanterie Herwarth von Buttenfeld – Ier Westphalien les auteurs le Général de Brigade  Carl Groos et le Capitaine Werner von Rudloss citent le témoignage du baron von Schade « le 1er bataillon essuie le feu venant d’une haie avant Obaix ».


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    Le fait qu’il soit fait mention de Uhlans est normal car ce jour-là chaque bataillon avait reçu un peloton du 16e Régiment de Uhlans pour éclairer sa marche.

    Il semblerait que les coups de feu fussent le fait  non pas de « francs-tireurs » comme le prétendaient les Allemands mais  d’une embuscade tendue  par des cavaliers du 1er escadron de  8eme Hussard français en place  depuis la veille dans et autour de Pont-à-Celles.

    Le Lieutenant Baillencourt  de ce 1er escadron  mentionne l’envoi de plusieurs patrouilles dans la direction d’Obaix ce matin-là sans pourtant parler d’embuscade. 


    8Hussards

    A moins qu’il ne faille déduire cette escarmouche des mots « autant d’énergie »  dans la citation que reçu le Maréchal des  Logis, le 23 août 1914 : « Le 21 août a exécuté dans des conditions périlleuses, avec autant d’énergie que d’intelligence une reconnaissance qui a fourni des renseignements complets » ? 

  • Le Temps Présent - 10

    Temps10

    En couverture une photo de canons installés sur la digue à Ostende, signe tangible de l’occupation allemande.

    Plus loin, dans l’article « Les Troupes Allemandes à Anvers », le rédacteur se plaint de l’inactivité forcée des installations portuaires remplacée par le charroi militaire qui occupe rues, places et embarcadères.

    Le ponton Ste-Anne où l’on aimait à voir, en même temps que le va-et-vient des steamers en rade embarquement, des charrettes maraichères sur le ferry-boat sert maintenant  au transbordement de troupes allemandes, de canons de caissons de munitions…etc.…

    Tout se déroulerait donc avec bonhommie et « le public parfois va regarder  ces  spectacles «.

    Toujours pas un mot concernant l’arrêt de l’avance allemande et l’enfouissement des combattants.

    Dans les Petites Annonces :

    M. 40 ans bon. fam ayant situa.  dés. épouser pers dist. ayant quelqu. avoir écrir.  « Bouquet » kiosque journ. Bourse (face Palais des Parfums.

     

     Ou encore:

    Dégâts de guerre, expertises et mesure à prendre pour obtenir indem. Après signat. paix sont entreprises par pers. toutes premières capacités et disposant hautes références écr. K.L.O bureau journal.

  • Le temps Présent - 9

    TempsPrésent9

     

    Ce numéro de décembre 1914 est toujours aussi patelin que les précédents.

    On exhibe la photo d’un groupe d’officiers d’état-major belge ce qui  trompe le lecteur en lui suggérant que ce magazine est d’une neutralité bienveillante.

    La photo date d’avant août 1914 et le document  est vraisemblablement réalisé  au cours d’une manoeuvre de temps de paix.

    Un soldat coiffé du casque à pointe monte la garde devant les débris d’un avion (abattu ?) à St Job in ‘t Goor.


    TempsPrésent9b

    La confusion est de nouveau entretenue un peu plus loin lors de la publication de deux portraits,  pleines pages,  de « Nos Officiers » soit  le Major des Grenadiers Comte Henri d’Oultremont « qui vient de mourir » et le Major des Grenadiers René Dubreucq « qui a succombé sur l’Yser » !! 

    Tous deux faisant partie de l’Armée Belge. !!

    Le magazine s’est étoffé de publicités et de petites annonces  où l’on trouve une majorité de demande d’emplois mais aussi « suis acheteur quelques centaines bouteilles bon Bordeaux : offre à JW bureau Journal ».

    On meurt des Vosges à l'Yser mais certains semblent n'en avoir cure.

  • Carte-postale - Surice

    Surice-place

    Surice est un village des environs de Philippeville non loin de la frontière française.

    Depuis des jours passent des troupes belges ou françaises en retraite.

    Les autorités communales sentent  que l’ennemi ne tardera pas à fouler le sol de la commune et  le dimanche 23 août elles placardent un avis invitant les détenteurs d’armes à déposer  celles-ci  dans les locaux de la police (garde-champêtre). 

    Mêlés aux soldats défilent aussi des colonnes de civils qui fuient les villages de Falaën, Anthée, Roux, Vitrival déjà sous le feu de l’artillerie.

    Le 24 l’exode s’amplifie à l'audition des fugitifs qui  colportent le récit des atrocités commises à Namur.

    L’abbé Poskin, curé du village, qui  croit en la correction des Allemands exhorte ses ouailles à rester sur place.

    La nouvelle court que l’infanterie française fortifie Romedenne.  Il s’agit du 148e d’Infanterie dont une partie s’embusque non loin du cimetière de Surice.

    Il est 18h50 lorsque arrivant de Soulme  débouche le 104e Rgt allemand.  Ses premiers éléments  sont à moins de 500 mètres du cimetière lorsque les français ouvrent le feu.  

    Des dizaines d’hommes s’écroulent.

    D’autres français dissimulés derrière le talus des écoles prennent également la colonne allemande pour cible.

    Parmi eux, il y a un tireur d’élite qui va faire des dégâts. Sa position et la justesse de son tir vont faire croire aux Allemands qu’on leur tire dessus depuis les maisons du village.

    Leur fureur est à son comble lorsque s’abat un officier supérieur.

    Les Français battent en retraite.

    Les Allemands se ruent sur le village tirant à travers portes et fenêtres.

    L’église brûle. Les maisons sont pillées  puis incendiées.

    Le calme revenu les Allemands tiennent un conseil d’état-major au café Canton.  Il est dirigé par un officier  à la tête bandée blessé sans doute peu auparavant.

    On lui amène hommes, femmes et enfants ramassés dans le village.

    Il accuse les villageois d’avoir tiré sur ses soldats et leur annonce qu’ils seront fusillés.

    L’abbé Poskin fait appel à la clémence de cet officier qui décide que seuls les hommes seront passés par les armes.

    Ce qui se fait sous le regard horrifié des femmes et des enfants.

    Soixante-neuf innocents dont cinq prêtres s’écroulent sous les balles des Mauser.

    Sous le jubé de l’église de Surice une inscription rappelle cette tragédie «  Souvenez-vous, Seigneur, de nos soixante-neuf martyrs du 25 août 1914 dont vos cinq prêtres ».  

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  • Autour du 20 aout - 1914 bis

    Voici quelques dessins  de l'époque  dus à un illustrateur anonyme témoin (?) des massacres à Tamines.

    Tamines-Image

    Il s'agit sans doute ici de la représentation de la grande fosse creusée dans la propriété de Monsieur Van Herck et dans laquelle furent ensevelis des cadavres par dizaines.

    Tamines-image2

     La présence du pistolet et d'un stick évoque un officier : sans doute celui qui invective les otages "vous serez tous fusillés" !

    Tamines-Image3

    "et aussitôt qu'un blessé levait la tête il lui fracassait lê crâne".