• Doden Gang - Boyau de la Mort - 2

    17 mètres, c'est à "un jet de pierre" et surtout de grenades ! Ce que ne vont évidemment pas se priver les combattants.
    Au prix de mille difficultés, des sapeurs avaient placé une grille destinée à dévier les grenades à l'extrémité de la tranchée.
    Les déplacements dans le Boyau n'étaient possibles qu'en rampant.  Les travaux de remise en état se faisaient de nuit dans le plus grand silence car au moindre son le ciel  s'illuminait sous les  fusées éclairantes. Grenades à main , à fusil et  obus de mortiers s'abattaient alors aveuglément sur les alentours.
    Les journées étaient encore plus périlleuses car les tireurs d'élite allemands embusqués dans la minoterie de Dixmude faisaient un carton dès qu'ils voyaient le moindre bout d'uniforme belge.
    La courbe du fleuve était elle aussi l'attention  des "semeurs de mort" comme les appelaient les soldats.
    Les hommes vivaient le nez collé contre l'amas de sacs de sable et de déchets duquel dépassaient souvent des moitiés de corps en décomposition. Ils pataugeaient le corps cassé dans une eau putride, omniprésente, où clapotaient déchets de cuisine, pansements , urine et excréments.
    On voit ci-dessous un croquis des positions tel que l'a dessiné,  à l'époque, le capitaine Tasnier du 2e Chasseurs à Pied.   

    Boyau-Tas01

     

    Les coquelicots qui fleurissent au bord de ce qui fut un véritable enfer ont des couleurs à nul autre pareille  car ils plongent leurs racines dans une terre grasse de tous les corps qu'elle a digérés.

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     (à suivre)


     

  • Doden Gang - Boyau de la Mort

    Boyau de la Mort - Trench of Death.

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    Le musée s'en est allé musarder du côté de Dixmuide jusqu'au Boyau de la Mort qui marque la limite du front dans ce secteur.
    En 1914 (octobre-novembre) les Allemands sont arrêtés suite aux inondations voulues par l'Armée Belge. Ils se replient sur la rive droite du fleuve non sans laisser quelques positions solidement défendues sur la rive opposée.
    Parmi celles-ci il y a les citernes à pétrole de la ville de Dixmuide d'où il est aisé d'observer les positions belges.
    La prise de ces citernes s'avère bien vite une condition sine qua non pour la stabilité du front.
    En mai 1915, l'Etat-Major décide de l'assaut de cette position.  Une initiative qui va s'achever sous le feu des mitrailleuses allemandes laissant de nombreux morts et blessés sur le terrain.
    Echaudés par cette triste conclusion, les  Belges jugent plus prudent de tenter l'encerclement des tanks à pétrole.
    Les alentours de la Borne 16 sont alors témoins d'une intense activité nocturne.  Les sapeurs avancent au rythme de 6 mètres par jour.
    Un matin ils s'aperçoivent que les Allemands font la même chose de leur coté !
    Ils finissent par se retrouver à 17 mètres l'un de l'autre ! 

    (à suivre)

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  • Les affiches et la guerre

    Les Affiches et la Guerre.

     

    Tout au long de la guerre les murs des cités fleurissent d’affiches destinées à prouver que LA cause est juste.

    En dénonçant « les crimes allemands » comme dans cette affiche réalisée par G. Jouas  au profit de la Ligue Souvenez-vous.


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    En  avivant le souvenir de ceux qui croupissent derrière les barbelés quelque part en Allemagne avec, par exemple, une réalisation de Pichon  consacrée aux  Prisonniers de Guerre avec la promesse d’un fameux gros lot.


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    En dévoilant la vérité(et on voudrait qu’elle soit toujours comme cà !) selon Carrey et  ce au bénéfice des mutilés, veuves et Ascendants.


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    En montrant le travail de l’Arrière dans les lueurs des cubilots de fonderie de Chachoin.


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    Ou en proposant  pragmatiquement comme les Américains  l’achat de  bons de caisse pour financer la guerre.


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    Le problème de la collection d’affiches qui sont souvent de véritables œuvres d’art est - à moins de les conserver pliées – leur encombrement. 

  • Biblio - L'Indépendance Belge

    IndependanceBelge

    L’Indépendance Belge vieux titre de la presse belge s’était exilé en Angleterre d’où il continuait à paraître.

    Son prix était  de « One penny » mais l’entièreté du journal était rédigée en Français.

    Ce penny se transformait  en 15 centimes « sur le Continent » avec une exception pour la Hollande où on le payait 5 cents.

    Outre les nouvelles habituelles des différents fronts, il publiait  les décrets parus au Moniteur Belge.

    Ainsi dans son numéro du 21 août 1917, il reprenait les nominations à l’armée  et les noms des bénéficiaires de la Croix de Guerre pour actions d’éclat.


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    Il était fait mention également des pertes subies par le Corps des Autos-canons belges en Russie.  On y apprenait que le soldat comte Jean de Liedekerke blessé le 21 juillet  1917 était décédé le 22.  Cette journée du 21 avait dû être le théâtre de combats puisqu’ y  furent blessés le sous-lieutenant d’Aspremont et le soldat Uyttenbroeck.

    Une rubrique « pour se retrouver »  contenait des demandes telles « Louis Broeckx, soldat belge, demande des nouvelles de son frère blessé il y a environ 3 ans à la bataille de Louvain.  Ecrire Antoine Van Loo, D. 240-94 B. Armée Belge en campagne.

    Une série de brevets étaient proposés à des industriels pour exploitation : Perfectionnement  au mécanisme de mise à feu des canons se chargeant par la culasse (Brevet belge 207627) ; Perfectionnements aux dispositifs destinés à servir dans la guerre navale (Brevet belge 206634).On le sait les conflits ont toujours étés générateurs de progrès mais pas toujours dans le bon sens.

     

  • Biblio - L'Excelsior -2

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    Une photo de canons de 75 prise semble-t-il au cours de manœuvres occupe toute la dernière page.

    « Nos canons de 75 sèment la terreur dans les rangs ennemis ». 

    Cet extraordinaire canon de 75  fierté  de l’Armée Française dont la paternité est attribuée au Lieutenant-colonel Deport.

    Cette pièce s’appelle en fait « Matériel de 75 Modèle 1897 » ainsi qu’en atteste un décret du Ministère de la Guerre du 28 mars 1898.

    Ce qui faisait la force du 75 était sa cadence de tir impressionnante (28 coups/minute) obtenue grâce à un frein à longue course entre l’affut et le canon ce qui permettait de remettre en batterie sans être obligé d’effectuer un nouveau pointage comme sur les canons de l’époque qui reculaient fortement à chaque départ.

    La portée maximale était de 8.500 mètres  mais pratiquement celle-ci n’était que de 6.500.

    Il fallait 6 chevaux pour tirer les 1.970 kg de l’ensemble voiture-pièce.

    Une des raisons autres de sa rapidité de tir était l’emploi de munitions encartouchées d’un poids de 5,31 kg pour les obus explosifs et de 7,25 pour les obus à balles.

    Le 75 survécu à la Première Guerre Mondiale et vit encore le feu en 1940.   

  • Biblio.- L'Excelsior

    L’Excelsior.


    excelsior 002
     

    L’avance allemande est arrêtée sur le front de l’Yser.

    L’Excelsior, un journal dont le siège est au 88 de la rue des Champs-Elysées à Paris publie une photo pleine page dans son n° 1451 du 5 novembre 1914. Elle s’intitule « Les héroïques soldats belges après la bataille ».

    Ce quotidien tient une rubrique « Nos pages belges » qui est  souvent assez copieuse.

    En page 9, le lecteur de l’époque était informé de ce que le gouvernement belge s’était réfugié au Havre sur le promontoire de Sainte-Adresse.

    C’était une  Belgique en miniature dont le rédacteur décrivait abondamment le fonctionnement.

    La Poste, elle-même s’y était installée :

    « Près du Ministère de la Guerre, une indication Sainte-Adresse, postes belges.  Le gouvernement jouit ici comme on le sait de l’exterritorialité (sic), ses timbres y ont cours légal.  Aussi dès le premier jour y eut-il devant les guichets du bureau belge des centaines d’amateurs désireux d’avoir les timbres du roi Albert revêtus du cachet indiquant une ville française. Complaisamment, l’employé vendit timbre.  Mais bientôt, ingénieux à la fois et charitable, il imagina de faire payer son timbrage d’un petit don pour la Croix-Rouge et chaque fois qu’il frappe de son cachet à l’encre grasse la feuille du collectionneur, on entend le bruit métallique d’un sou tombant dans un tronc. ».

    Plus loin un appel pressant est fait en faveur du Vestiaire des Blessés car « il nous incombe aujourd’hui une charge nouvelle, acceptée avec joie.  Plus de 2.000 soldats belges, blessés, convalescents sont réfugiés à Paris.  Ils ne possèdent aucun vêtement que leurs glorieux habits militaires en loques.  Quelques uns n’ont aux pieds que des chaussures trouées ou des espadrilles détrempées de pluie ; d’autres n’ont pus changer de linges pendant des semaines. ».

    Ces déshérités  faisaient partie avec d’autres d’une petite armée mal équipée, mal habillée qui avait flanqué une raclée à l’orgueilleuse armée allemande. 

     

      

  • Biblio -Le Soldat de Verdun

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    Lorsque cet ouvrage parait aux Editions Baudinière en 1937, l’auteur a déjà publié "Verdun" avec la collaboration de 6.000 combattants. 


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    Il avertit cependant le lecteur que "Le Soldat de Verdun" n’est  pas un résumé du précédent mais qu’il y est fait appel à de nombreux et nouveaux témoignages.

    Le livre est en effet construit autour des récits d’anciens combattants de Verdun dont Jacques Péricar,  l’auteur,  cite toujours noms et unités d’appartenance.

    Les commentaires sont   sans ménagement pour les anciens adversaires.

    Ainsi lors de l’assemblage des témoignages concernant le fait que des allemands se soient déguisés en soldats français à Verdun, il écrit  « En vérité, pour s’étonner de ce geste, il ne faut rien connaître de l’âme allemande (…).  Les Allemands n’ont pas de l’honneur militaire la même conception que nous. ».

    D’après les témoins, il semblerait que cette ruse ait principalement eu lieu le 25 février lorsque des Allemands déguisés en Zouaves se soient présentés devant le front français.

    Du moins c’est ce qu’il ressort des récits de l’abbé Schuler, aumônier du 1er corps ; du zouave Louis Millet, en religion Frère Euxode de Jésus  ou des aspirant Lesparre (18e RI), soldat Meignan (127e),  caporal brancardier Jean Vichy (98e RI) etc.…

    Des témoignages (fait assez rare) concernant les mutineries de 1917 ou des mouvements d’humeur des combattants sont également recueillis malgré la tache que cela pouvait occasionner à l’image d’Epinal du Poilu Héroïque.

    Par exemple celui de l’Abbé Joseph Magnin, sergent-infirmier au 66e B.C.P. :

    Le 5 novembre, nous cantonnons à Belleray.  Comme nous allons et venons dans la grande rue du village, il nous faut brusquement nous garer pour laisser passer des autos militaires.  Dans l’une d’elles on reconnait M. Poincarré et le général Nivelle. Quelques acclamations éclatent mais on entend aussi le cri « embusqués.Il y a même des pierres lancées contre les voitures. ».

     SdtVerdun2