• Hopital Militaire 1914-1918

    Il y a bien des années j’ai acheté sur une brocante  un  album renfermant de vieilles  photos prises  pendant ou juste après la Grande Guerre.


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    A en juger par les constructions il s’agit d’un  hôpital militaire  de campagne.

    Le personnage central et sans doute ex-propriétaire des clichés est figé sur la plupart  des photos et ce à différentes périodes de sa convalescence qui dû être longue puisque parfois   l’image nous montre des gens en vêtements d’été la tête protégée de grands chapeaux d’autrefois il y a de la neige entre les baraquements.


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    Ce doit être un soldat belge puisqu’on le voit souvent le chef surmonté d’un « bonnet à floche » qui semble de couleur claire  mais il se promène aussi en casquette.

    Au hasard des documents on rencontre plusieurs fois un nom au fronton d’un des « pavillon type Service Santé »  soit celui d’ Edith Cavell cette infirmière anglaise fusillée  le 12 octobre 1915.

    Avant d’enfouir l’album au fond d’une caisse,  j’en livre quelques photos sur  lesquelles un lecteur plus érudit  saura peut-être mettre le nom de cet établissement militaire.

    Oubliée dans l’album une pochette  contenant encore des négatifs 6x9 avec  des photos montrant une famille en vacances à la Côte dans un mode d’habillement qui ne peut être que celui des années ’20 et aussi  un cliché montrant le combat de Saint-Georges sur la place de Mons.


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  • Le casque Adrian M.15

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    Le 26 octobre 1915,  le  lecteur du « Courrier de l’Armée –  De Legerbode » apprenait à la page 3 que « dans un temps très rapproché notre armée disposera donc d’un casque que tous les hommes compétents qualifient d’idéal ».

    (…)

    « Son inventeur est un intendant français ; mû par de nobles sentiments patriotiques, il a fait spontanément hommage de son invention à son pays »

    « Ce geste désintéressé, il l’a renouvelé au profit de l’armée belge.  Nos soldats auront le casque français mais peint en kaki et orné du lion belge ». 

     

    Le noble inventeur en question est l’Intendant Général Adrian qui bien qu’admis à la retraite en 1913 reprend du service à la mobilisation et multiplie les inventions depuis le baraquement démontable jusqu’au casque qui portera son nom.

     

    Le « geste désintéressé »  est  à l’usage des naïfs   car l’Etat français revend le casque au prix de 6,00 francs aux Belges. Le prix de revient étant de 3,35 francs l’opération n’est pas mauvaise.

     

    Dès novembre 1915 il fait son apparition dans les lignes belges.  L’insigne frontal est la tête de lion.  Il se compose d’un cimier, d’une calotte centrale  (bombe) avec visière à l’avant et couvre-nuque à l’arrière.

     

    L’intérieur est composé d’une coiffe en cuir brun  fixé sur une bande de drap kaki elle-même fixée par 4 attaches soudées à l’intérieur.  Entre la bande drap et le casque on trouve encore une bande d’aluminium ondulé qui sert à amortir les chocs.

     

    Le poids de l’Adrian est d’environ 800 grammes.

     

    Il est également prévu un couvre-casque en toile d’une couleur kaki. (J.M.O. 1916, p. 554).

     

    La Gendarmerie de l’Armée en campagne reçoit le  même couvre-chef peint tout d’abord en bleu  avec couvre-casques en coton bleu (J.M.O. 1917, p. 265) mais n’utilisera bientôt plus que des casques peints en noir.

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  • Le Boyau de la Mort encore

    Le lecteur se souviendra de ces rails à voie étroite qui serpentaient sur le sol du Boyau et dont je parlais dans un précédent « article ».

    Dans la bibliothèque du « Musée », j’ai retrouvé un livre dans lequel l’auteur, Jean Drève, raconte :

    « Nous allons cette nuit à la « corvée de la mort » ainsi nommée, sinistrement, à raison des nombreux cadavres qu’elle  a coûtés et qu’elle coûte encore.

    (…)

    A notre tour maintenant.  Par quatre, les hommes courbés, obombrés par les fardeaux, s’arc-boutent au long des rails minces ; et la magie des gnomes recommence. Lentement, lourdement les bannes chargées de béton ou de gravier s’ébranlent l’une après l’autre en grondant.  Et nous voilà partis (…) Nous découvrons ainsi dans la mi-clarté diffuse et achromatique, des régions extraordinaires, indescriptibles.  Terrains de cauchemar coupés de fortifications étranges dont les dispositions générales nous échappent.  On finit par ne plus savoir de quel côté se trouve l’ennemi.  Mais le rail toujours vous guide.  Nous voici sur un pont.  Dessous serpente un boyau qui se tord et disparaît dans la broussaille des ténèbres.  Une légère déclivité : en avant ! Crac ! On a déraillé.  (…) Il faut le délester.

    La fusillade a repris.

    Autour des corps haletants, trempés de sueur, aux muscles raidis par l’effort une bourrasque de balles cingle, déchire et taillade les airs(..) Ce vent d’acier venu du fleuve ouvre ses faisceaux de poignards sur  la plaine morte qu’il balaye en tempête et qu’il parcourt toute dans furie, avide d’espace.

    Il passe, éparpillé en cent mille volontés homicides, sur les pacages inondés, sur les roseaux, dans les arbres jusqu’au loin, vers l’infini de l’ombre où rampe la vie.  Et dans la constante rafale de ses clameurs sauvages, les damnés de la guerre poursuivent, obstinés, leur tâche obscure.

    Ainsi confondus à la boue dont on ne se soucie plus et qui nous vêt bientôt jusqu’aux genoux d’un fourreau de glaise nous franchissons à pas pesants des kilomètres de champ de bataille.

    La station terminus enfin atteinte, il faut procéder au déchargement.  Sans bruit, le travail s’effectue au plus vite.  On dirait d’une foule d’ombres monastiques, aux dos voûtés, qui ne s’abordent que pour chuchoter quelques mots brefs et se séparer aussitôt.  On a hâte de partir, de quitter cette zone périlleuse où chaque trou est une trombe ouverte.

    Après le labeur, le plaisir.  Les wagonnets, vides maintenant, sont escaladés avec célérité et par la vigueur d’un seul homme, lancés sur la voie qu’ils dévorent, véloces et bondissants ».

     

    Malgré le sérieux du sujet on ne peut s’empêcher d’admirer le vocabulaire et la manière quasi magique avec laquelle il nous fait vivre cette corvée de wagonnets.

     LeTroupeau

  • Le Miroir 48

    Miroir48

    Publié le 25 octobre 1914, ce numéro abonde en  photos provenant du Front de l’Est.  « Sous le haut commandement du Tsar les armées russes avancent irrésistiblement » ; « Cracovie, l’Athènes de la Pologne asservie.  Cracovie dont trois armées russes  convergeant de point stratégiques différents ont préparé l’investissement » ; « Nos marins et les artilleurs monténégrins bombardent Cattaro ».

    On apprend aussi que les croiseurs allemands  Scharnhorst et Gneisenau ont bombardé Papeete pourtant déclarée « ville ouverte ».

    Le 6 octobre des engagements se sont produits entre Allemands et Japonais à Kiao-Tchéou.

    Les soldats anglais de l’infanterie de Marine ont pris la colonie allemande du Marshall en Océanie.

    On se bat partout.

    Dimanche 11 octobre les Allemands sont entrés dans Anvers.

    Le lendemain, Deux Taube survolent  Paris tuant ou blessant dix-sept personnes.  Une bombe incendiaire serait même tombée sur le toit de Notre-Dame.

    Les Minerva de l’armée belge ont beaucoup de succès.  On en fera des cartes postales.


    Minerva

    Photos encore de « quelques figures parmi les plus héroïques » parmi lesquelles l’aviateur français Poirée qui a effectué en Russie des reconnaissances audacieuses. Le Tsar l’a décoré de la croix militaire. La petite Denise Cartier qui blessée par la bombe d’un Taube à Paris « a supporté vaillamment l’amputation de sa jambe droite ». Le sergent aviateur Frantz qui secondé par son mécanicien Quenault a livré un combat homérique à un homologue allemand. Il a reçu la Légion d’Honneur.  

  • Le Clergé

    Beaucoup de membres du Clergé avaient été mobilisés et leurs supérieurs  soucieux d’entretenir la foi  composaient des journaux  à leur intention comme ce bulletin mensuel du Clergé Hennuyer. 


    GazSéminaire

    Il semblerait que chaque diocèse ait eu le sien.

    D’autres publications chapeautées par l’autorité religieuse circulaient aussi dans les tranchées telle « Int’ nous Autes » (Entre Nous) qui informaient les combattants privés de nouvelles  concernant  leur région occupée depuis, parfois, des années.

    « Int’ nous Autes » est très ciblé comme l’annonce d’ailleurs le bandeau : Braine-le-Château, Haut Ittre, Oisquercq,  Ittre, Virginal et Wauthier-Braine.

    Ces journaux  racontaient les conditions de vie en Belgique occupée ».. les prix sont énormes : une bouteille de vin 15 fr – une cigarette 0,25 fr – un cigare ordinaire 1,00fr-.. »  et la résistance (parfois exagérée) qui s’y manifestait  « A Nivelles, il y a un champ d’aviation ; il y meurt 3 à 4 boches par semaine.. » 

    Int'nousautes

  • Commémorations - Expositions

    Capitaine

    En ce  90ème anniversaire de la signature de l’armistice fleurissent commémorations et expositions.

    L’un des  membres du Cercle d’Histoire de Pont-à-Celles m’a demandé quelques pièces en prêt ce que j’ai fait avec plaisir.

    Mon beau capitaine la moustache plus recroquevillée que jamais surveille l’ensemble où l’on trouve des objets très intéressants telle cette paire de chaussures en feutre destinées à protéger les sentinelles lors des longues factions par des nuits glacées ou encore ce « souvenir » remis à la veuve d'un soldat tombé au Sart-Tilmant  dès le début du conflit.


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    Remarquables aussi ces estampes dues à Jean Gabriel Domergue  ce petit-cousin de Toulouse-Lautrec aux réparties truculentes  mais aux crayons acérés.


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    Des « Avis » rappellent la dureté de l’occupation  ou avouons-le  le bien-fondé, parfois,  de certaines dispositions comme cette obligation de museler les chiens  reprise depuis par de nombreuses administrations communales.


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    On ne peut que se réjouir qu’il existe toujours des enthousiastes pour nous montrer les chemins de l’Histoire.

  • La Guerre Sociale

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    A la lecture du titre on pense immédiatement à un journal né  au moment de la déclaration de la guerre mais il n’en est rien.

    La « guerre » en question est celle que menait  le parti socialiste contre le Capital.

    Son rédacteur en chef, Gustave Hervé, anticlérical dreyfusard était  de plus un antimilitariste convaincu.

    Ses prises de position dans Le Pioupiou de l’Yonne notamment lui valurent plusieurs condamnations assorties d’internement.

    Pourtant, ici, dans ce numéro bordé de deuil suite au décès de Jean Jaurès « assassiné au retour d’une mission si sainte que toutes les femmes de France, que toutes les mères d’Europe entière lui auraient baisé les genoux »( !)  Il en appelle à marcher sur la frontière et de réserver sa haine « au parti militaire autrichien et au parti militaire allemand ».

    Presque tous les articles portent sa signature.

    Il est remarquablement lucide et prophétise des choses impensables à l’époque de l’Empire Austro-hongrois :

    « Un jour les Serbes du Sud rejoindront leurs frères serbes ; les Roumains de Pensylvanie leurs frères roumains (…) Et ce jour-là aussi les trois tronçons de la Pologne, la Pologne  russe, la Pologne autrichienne, la Pologne allemande se recolleront !

    Les travailleurs sont pourtant encore appelés par la CGT à manifester dans les rues à la ville et dans les campagnes en chantant une Internationale dont  avec l’approbation générale ont a supprimé les couplets contre les généraux.