• Médaille de la Victoire belge

    C’est le Maréchal Foch qui émet le premier  l’idée d’une médaille commune  dite De La Victoire.

    Les Alliés réunis en séance  lors de la Conférence de la Paix du 24 janvier 1919 approuvèrent l’idée à l’unanimité.

    La forme et la taille sont  identiques pour toutes les nations.

    La face représente une victoire ailée en pied.

    Le revers portera partout l’inscription « La Grande Guerre pour la Civilisation » dans la langue du pays.


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    La version belge (arrêté royal du 14.07.1919) représente, de face,  une victoire ailée posée sur un soleil levant.

    On y trouve encore le nom du graveur qui est Paul Dubois.

    Au revers le lion belge surmonté de la couronne royale entouré des armoiries des principaux alliés.


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    Sur le pourtour les mots La Grande Guerre pour la Civilisation – De Groote Oorlog tot de Beschaving.


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    Le ruban de 37 mm de largeur est identique pour toutes les nations soit les couleurs de deux arcs-en-ciel avec un fin filet blanc. 

  • Médaille de la Victoire française.

    Alors que la médaille commémorative est délivrée à tous les mobilisés, la Médaille de la Victoire n’est délivrée qu’à certains ayants droit repris dans l’instruction ministérielle  du 7 octobre 1922 parue au Journal Officiel du 12 du même mois.

    Le Journal Officiel comporte une longue liste d’ayants droit  depuis les militaires de  la classe 1919  qui ont été envoyé en renfort avant l’armistice  jusqu’aux engagés volontaires dits « spéciaux » en vertu de l’article 4 de  la loi  de 1915 qui ayant servi dans la zone des armées ont été réformés  pour maladie contractée ou blessure reçue en service   en passant par  le cas des Alsaciens et  lorrains  soit  « Les Alsaciens et Lorrains engagés volontaires qui ont appartenu pendant une durée quelconque à une unité combattante et ceux qui  jusfifient avoir déserté » les rangs allemands ».

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    chaque bord, un filet bleu.

     

    Le Journal Officiel précise encore que  les intéressés  auront à se procurer l’insigne à leurs frais dès sa  mise en vente dans le commerce.

     

    Il sera bien évidemment délivré un brevet régulier à tous les ayants-droit.

     

    La médaille  faite en bronze est  l’œuvre du sculpteur Morlon.

    Couleur, patine et module sont semblables à la Médaille Commémorative de 1870.

    La face représente une Victoire ailée, debout au milieu de la médaille.

    Le revers montre un bonnet phrygien entouré des lettres « R » et « F » surmontant l’inscription « La Grande Guerre pour la Civilisation 1914-1918 ».

    Le ruban figure deux arcs-en-ciel juxtaposés par le rouge avec, sur chaque bord un filet blanc.

  • Médaille de l'Yser - 2

    CroixYser

    Il existait une Fédération des Croix de l’Yser réunissant tous les possesseurs de cette distinction.

    Lors de sa fondation  le 1er novembre 1924 cette  association s’appelait « Amicale des Anciens de l’Yser » elle devint par la suite CroixFédération des  de l’Yser et éditait une revue intitulée tout simplement « Yser ».

    Celle de septembre 1968 est particulièrement intéressante car elle  retrace et la Bataille de l’Yser mais aussi  l’origine de la médaille : en 1918 le chanoine Vandercam ancien aumônier de l’artillerie de la 19ème Brigade  Mixte tenait  dans le journal La Nation Belge une  rubrique appelée « Le Coin du débourreur ».

    En juin 1918, il écrivit un article intitulé « Ah ! si  le Roi savait » consacré à ce qui selon lui devait justifier la création d’une médaille de l’Yser.

    « Ah s’il savait que Ses Poilus de l’Yser, si héroïques, attendent encore, pour la plupart, la plus petite attestation témoignant de leur longue et glorieuse résistance en octobre 1914 ».

    Le Roi  Albert 1er eut connaissance de cet article et fit savoir à la direction du journal qu’il trouvait l’idée intéressante.

    Notre aumônier se dit qu’il fallait battre le fer tant qu’il était chaud et le 15 août 1918 fit paraître un article portant cette fois comme titre « Le Roi sait » dans lequel il imaginait l’aspect de la médaille « Nous voudrions la voir en bronze portant sur une face un lion blessé mais toujours menaçant, image vivante de la Patrie. Le ruban serait noir pour indiquer le grand deuil du pays envahi mais traversé d’une large bande rouge signifiant le sans versé par les nôtres pou arrêter l’ennemi sur le fleuve à jamais sacré de l’Yser. »

    Quelques temps après la Médaille de l’Yser était officiellement instituée.  

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  • Joyeux Noël !

    Joyeux Noël à Tous.

    Que la Joie illumine vos foyers et vos cœurs ! 

  • Médaille de l'Yser

    MedYser

    On lit dans l’Arrêté Royal du 18 octobre 1918 (Moniteur Belge des 24/26 octobre 1918) :

    « (…) Pour remplir ce devoir de justice le Gouvernement a estimé qu’il y avait lieu de créer la Médaille de l’Yser, insigne commémoratif des luttes épiques de la campagne de 1914, et qui pouvait être attribuée à ceux qui, au cours de la période comprise entre les 17 et 31 octobre 1914 avaient fait partie de l’armée en campagne, combattant effectivement sur l’Yser et s’étaient montrés dignes de cette distinction. »

     

    Le bijou est en bronze vert-de-grisé.  Son diamètre est de 36,5 mm avec un petit médaillon de 15,5 mm au sommet.

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    L’avers est gravé d’un guerrier nu portant le casque le bras gauche tend un bouclier et une grande épée.  On lit encore les dates 17-31/octobre/1914 qui sont celles de la Bataille de l’Yser. En petit, à gauche, le nom du graveur Emile Vloors. Le médaillon comporte le mot « Yser ».

     

    Le revers montre un lion  la gueule ouverte sur fond de champ de bataille.  Il est affaissé car blessé comme les soldats belges dépenaillés qui résistaient aux hordes teutonnes.  On retrouve le mot Yser sous le félin.  Le médaillon est au monogramme du roi Albert soit un « A » surmonté d’une petite couronne royale.

     

    Le ruban  qui mesure 38 mm de large est fait d’une bande centrale rouge feu de 15 mm entourée de 2 bandes noires.  Le tout est disposé verticalement.

     

    L’Arrêté Royal du 5 février 1934 stipule que la Médaille de l’Yser se dénommerait à l’avenir Croix de l’Yser.

    La médaille est conservée mais elle  est désormais enchâssée dans une croix de malte.

    C’est la branche supérieure de la croix qui porte le mot « Yser » à l’avers et le monogramme royal au revers.

     

    L’attribution de la médaille ne se faisait qu’après enquête et il se passait un certain temps avant que le bénéficiaire ne la reçoive comme en témoigne le brevet du soldat Dessainte.

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  • Le Miroir 49

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    La couverture de ce n° 49 du 1er novembre 1914 est consacrée à la chasse aux suspects qui, lit-on, sont « sévèrement traqués chez nous (en France), comme en Angleterre et en Belgique.

    Dans la page rédactionnelle on apprend que le 14 octobre la cavalerie française a pris l’offensive dans la région d’Hazebrouck et de Béthune.

    Progression sensible des Français entre Albert et Arras.

    Le lendemain 15 octobre les Anglais annoncent la reprise de la ville d’Ypres.

    Des avions français ont survolé Carlsruhe.

    16 octobre ; le colonel Boer Maritz s’est révolté contre le gouvernement de l’Union Sud-Africaine.  Chargé d’organiser la défense de la frontière Nord-est contre les Allemands de la colonie voisine, il a trahi et est passé de leur côté.  Il a même pris le commandement des forces germaniques dans la région. 

    17 octobre les forces franco-anglo-belges  ont occupé tout le territoire compris entre Ypres et la mer. Le croiseur anglais Hawke a été coulé par le sous-marin allemand 49 dans mer du Nord.

    Le dimanche 18 octobre les Français annoncent avoir repris Fleurbaix sur la Lys tandis que les Anglais ont pris Fromelles au Sud-ouest de Lille.

    Les fusiliers marins continuent à bien se conduire sur le canal d’Ypres.

    Nombreuses photos d’Anvers sous les bombardements.

    Carrey gratifie le lecteur d’une superbe composition « Sénégalais grimpant dans les arbres pour mieux tirer sur l’ennemi ».

    Braves Sénégalais auxquels la revue consacre toute une page titrée « Y a bon » disent  nos blessés sénégalais !! Curieux ! Peut-être une réminiscence de « Y a bon Banania « !?

    « Rarement les soldats sénégalais  et marocains savent lire le français mais regarder les images est leur distraction favorite » et que tient-il en mains le blessé marocain .. ?... et bien Le Miroir !


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  • Shot at Dawn

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    A Poperinge ville de l’arrière mais proche du front il n’y avait pas que des endroits où se relaxer mais  aussi des prisons et notamment celle où l’on enfermait les condamnés avant leur exécution.

    C’était  quatre cellules situées à l’entrée de l’hôtel de ville dont elles  font d’ailleurs parties. Deux  ont été préservées.

    C’est dans la cour de ce bel édifice qu’avait lieu  l’exécution.

    Lorsque l’on pousse la porte de la  cellule on est saisi par un sentiment d’abandon.

    Les murs transpirent la peur et le désespoir.

    Des  fenêtres qui sont des meurtrières laissent passer une lumière avare entre de lourds barreaux.

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    Un seau hygiénique  trainant une grosse chaine et  un lit de planches rugueuses sur lesquelles il devait être difficile de trouver le sommeil forment l’ensemble du mobilier.

    On ne peut empêcher les larmes de monter aux yeux en imaginant l’homme affalé, cassé, abruti par la séance du Conseil de Guerre qui l’a jeté là !

    On l’a qualifié de traitre, ses copains l’ont peut-être insulté et il va mourir dans l’opprobre.

    Rejeté par ses frères d’armes, loin des siens, il ne peut qu’attendre et pleurer.

    Là où son corps s’est reposé  sur ces planches qui ont connu tous les pleurs les visiteurs surtout britanniques continuent  cent ans plus tard à déposer de petites croix piquées d’un coquelicot.


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    A la nuit tombée, il voit arriver le « chaplain » qui va rester avec lui jusqu’à l’aube.

    Que peuvent-ils se dire ? Quelles paroles peuvent calmer cet esprit ridé par la peine ?

    Lorsque les doigts de l’aurore viendront frapper à la porte on lui donnera parfois une grosse rasade d’alcool ou une dose de morphine et il s’en ira.

    Le « firing squad » est déjà là.  Six hommes nerveux  à qui l’on a remis un fusil  que l’on a chargé pour eux et chacun espère que c’est son Lee Enfield qui est chargé  d’une balle à blanc.

    Un médecin applique un ruban blanc à l’endroit du cœur.

    L’aumônier  bénit le condamné et lui donne l’absolution.

    Les deux hommes s’écartent.

    En face le peloton épaule.

    L’officier donne du geste l’ordre d’ouvrir le feu.

    Le condamné s’affaisse.

    Le médecin se précipite pour constater le décès.  Si l’homme n’est pas mort il fait un signe au chef de peloton qui s’avance revolver au poing  et  donne le coup de grâce.

    Quels peuvent être les sentiments de cet officier  qui pointe son arme à quelques centimètres du visage de son compatriote dont le regard le supplie peut-être ?

    Le coup part.

    Du sang éclabousse le canon ….

    On emporte le corps comme celui du Sergeant John Thomas Wall du 3e Bataillon du Worcestershire Régiment.  Un brave arrivé sur le front en 1914 comme simple caporal et qui a gagné ses grades sur les champs de bataille.

    Il est porté absent, en août 1917, lors des combats de Bellwarde Ridge. Atteint de ce que les britanniques appellent « Battle Fatigue » il est incapable  de faire un mouvement.

    Le Conseil de Guerre ne tenait pas compte de ce genre de chose la considérant plus tôt comme faiblesse et indigne d’un soldat.

    A l’aube du 6 septembre 1917 il est fusillé.  Il avait 22 ans.

    Herbert Morris exécuté au même endroit n’avait lui que 17 ans !

    On ne connait pas exactement le nombre de fusillés dont la cour de l’hôtel de ville a bu le sang.

    Des documents officiels confirment qu’il y  en ait eu au moins huit mais de nombreuses sources attestent qu’il y en eut au moins deux fois plus.

    Le 19 mai 1919 la dernière victime s’appuyait contre le poteau d’exécution.

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