24/02/2009

VERDUN - 1

Verdun-Stéphane

Les combats autour de Verdun ont fait couler beaucoup d’encre et furent objets d’une multitude de témoignages.

Parmi  ceux-ci citons celui de Marc Stéphane publié par le Cabinet du Pamphlétaire  à Paris en 1929.

L’ouvrage s’intitule « Ma dernière relève au Bois des Caures »  du 18 au 22 février 1916.

En sous-titre « Souvenirs d’un Chasseur de Driant ».

L’auteur écrit encore en exergue « Ceci est un livre de bonne foi, écrit en haine des bourreurs de crânes ».

Le récit couvre une période relativement courte qui  ne dure que 4 jours ce qui est pourtant amplement suffisant pour que le lecteur comprenne l’enfer que vivent  les soldats.

On découvre le vocabulaire du « tranchérien » comme ils s’appellent  « voici qu’un poilu accourt dans le boyau en criant à tue-tête tant le soir l’émeut : Tirez pas les gars c’est un chass’bi qu’arrive de la mitraille ! ».

On sait le calibre des obus  au son  qu’ils produisent  «… 305, 350 et 420 au bruit  de chariot roulant sur la grève que font ces montres tandis que els calibres inférieurs déchirent la soie… ».

L’auteur tout au long de son récit à une vision désabusée de ceux qui l’entourent  « Quel drôle de corps que le corps de brancardiers ! C’est folie que d’attendre de cette gent qu’elle sache garder le sourire devant la mort si elle n’est point numéreuse en curés.  Parce qu’elle est exempte de combattre, elle se cuide* exempte de courage, d’énergie, de cran – voire de simple dignité.  Et j’ai, ma foi, quelque peine à me retenir de crier raca sur elle … ».

Malgré ces commentaires acerbes  et  la rancoeur que l'on sent tout-au-long l’ouvrage on y découvre aussi toute la détresse du fantassin de Verdun. sanglant.

Verdun-Stéphane2

* Cuide : vient du verbe « cuider » tombé en désuétude et signifiant « se pavaner ».

18:46 Écrit par sweetcricri dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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