28/02/2009

Le Fort de Huy

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Si l’on en croit le Die Woche d’août 1914 le fort de Huy dont les  murailles imposantes se mirent  dans la Meuse ne fut pris qu’après  d’héroïques assauts des soldats  du Kaiser.

La vérité est toute autre car les Allemands sont entrés dans Huy l’arme à  la  bretelle, l'armée belge ayant  jugé le fort  indéfendable face aux techniques des guerres modernes  l'avait désaffecté depuis de longues années.

Il connaît cependant une nouvelle vie dès ce mois d’août lorsque 60 civils y sont enfermés.


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Captivité qui ne va pas durer longtemps car les bâtiments connaissent une nouvelle destination  devenant camp disciplinaire.

La guerre s’éternise et c’est  quotidiennement que les Hutois voient passer dans leur bonne ville des soldats feldraus entourés de Feldgendarmes.

Les pensionnaires du fort sont soumis à un régime sévère.

L’autorité a laissé la bride sur le cou aux gardiens dont le sadisme s’exprime en courses le dos écrasé par des sacs de plus de 50 kg sous les cops de baïonnettes, de crosse ou de fouet.

On reverra les mêmes quelques vingt ans plus tard.

Après l’armistice le fort devient un centre d’hébergement pour soldats russes blessés.

Après leur départ les bâtiments abritent pour un temps l’école régimentaire du 14ème de Ligne.

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25/02/2009

Verdun - 2

VerdunGuide

Les guides du champ de bataille sont plus que nombreux.

Celui présenté date des années ’60.

Relatant la bataille au jour le jour en s’appuyant sur des documents photographiques inédits, il est admirablement conçu.

Celui qui l’avait en main était plongé au cœur des événements guidé pas à pas et  documenté par la photo et le texte.

Ainsi, par exemple, lors de sa marche vers la Tranchée des Baïonnettes il lisait  venant du Monument aux Morts de la commune de Douaumont (…) Descendre vers le monument. La route passe sur les ruines de la ferme de Thiaumont. Près du coude de la route s’élève le Monument de la Tranchée des Baïonnettes.

Suivaient toutes les explications utiles :

Comment les fantassins du 137e furent-ils enterrés vivants ? (…) Voici le récit d’un des officiers survivants, le lieutenant Foucher :

(…) le 11 juin 1916 un violent bombardement se déclenche et dure toute la journée et une partie de la nuit (…).

Les hommes attendaient l’assaut avec leur fusil,  baïonnette au canon, mais cette arme était appuyée au parapet à portée du combattant (…).

Les obus tombant en avant et en arrière  et sur la tranché rapprochèrent les lèvres de cette dernière ensevelissant nos vaillant Vendéens et Bretons. C’et par le fait qu’ils n’avaient pas le fusil à la main que les baïonnettes  continuèrent d’émerger après l’écroulement des terres.

Dès ce soir-là, le 11 juin 1916, la tranchée avait l’aspect que l’on a retrouvé à l’armistice.


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Revenir à la voiture.  La route s’engage dans le ravin de la Dame

 

19:30 Écrit par sweetcricri dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/02/2009

VERDUN - 1

Verdun-Stéphane

Les combats autour de Verdun ont fait couler beaucoup d’encre et furent objets d’une multitude de témoignages.

Parmi  ceux-ci citons celui de Marc Stéphane publié par le Cabinet du Pamphlétaire  à Paris en 1929.

L’ouvrage s’intitule « Ma dernière relève au Bois des Caures »  du 18 au 22 février 1916.

En sous-titre « Souvenirs d’un Chasseur de Driant ».

L’auteur écrit encore en exergue « Ceci est un livre de bonne foi, écrit en haine des bourreurs de crânes ».

Le récit couvre une période relativement courte qui  ne dure que 4 jours ce qui est pourtant amplement suffisant pour que le lecteur comprenne l’enfer que vivent  les soldats.

On découvre le vocabulaire du « tranchérien » comme ils s’appellent  « voici qu’un poilu accourt dans le boyau en criant à tue-tête tant le soir l’émeut : Tirez pas les gars c’est un chass’bi qu’arrive de la mitraille ! ».

On sait le calibre des obus  au son  qu’ils produisent  «… 305, 350 et 420 au bruit  de chariot roulant sur la grève que font ces montres tandis que els calibres inférieurs déchirent la soie… ».

L’auteur tout au long de son récit à une vision désabusée de ceux qui l’entourent  « Quel drôle de corps que le corps de brancardiers ! C’est folie que d’attendre de cette gent qu’elle sache garder le sourire devant la mort si elle n’est point numéreuse en curés.  Parce qu’elle est exempte de combattre, elle se cuide* exempte de courage, d’énergie, de cran – voire de simple dignité.  Et j’ai, ma foi, quelque peine à me retenir de crier raca sur elle … ».

Malgré ces commentaires acerbes  et  la rancoeur que l'on sent tout-au-long l’ouvrage on y découvre aussi toute la détresse du fantassin de Verdun. sanglant.

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* Cuide : vient du verbe « cuider » tombé en désuétude et signifiant « se pavaner ».

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20/02/2009

Rodomontades

CourrierArm

 

Lors de la relation de la pose de la première pierre  de la nouvelle bibliothèque de Louvain détruite par les Allemands dans La Gazette de l’Armée du 15 août 1921  le narrateur n’y va pas de main morte :

Ce crime, le crime de Louvain, révolta la conscience humaine.  C’est aux cris de « Louvain » que les troupes russes pénétraient quelques semaines plus tard dans les villes de la Prusse orientale.  C’est aux cris de Louvain que les soldats italiens se précipitaient, en1915, à la frontière   ...

On doute fort que les fantassins russes se soient rués sur les Prussiens en criant « Louvain » idem pour les italiens.

Jean Des Fallières  cet aviateur français qui raconte sa vie de prisonnier dans son livre « Cavalier Scharnhorst » décrit bien  la nature des belges en ce temps-là :

« Qu’importe  ces Tartarins du Nord  ont changé une heure de l’histoire du monde.  Bien que la moitié de leur armée fût prisonnière (…) les Belges ont tout vu et  tout fait. (…)

« Sans eux Verdun était pris cent fois.  Ne parlez pas en leur présence de marine, vous ne possédez pas les bouches de l’Escaut ni de Cavalerie, l’école d’Ypres ne fabrique que des centaures (..).

C’est la vanité qui a fait de ces gens-là des héros incontestables, des héros à jet continu qui mangent, boivent, respirent et dorment en héros ; ils sont héroïques dans les plus humbles gestes de leur vie ; ils pissent même héroïquement en s’arrangeant pour arroser les jambes d’un Allemand qui les colle aussitôt en cellule.  Abreuvés d’épreuves, jamais défendus, toujours plus mal traités que les autres, ils gardent après quatre ans d’une intolérable réclusion l’attitude splendide que l’histoire leur a donnée.

(…)

Ils réclament sans désemparer l’université de Louvain et ils sont de tous les coups ce lourds fumeurs de pipes, les inventant rarement mais, quand ils les ont bien compris prêts à se faire tuer plutôt que de compromettre un camarade. Amis sûrs, dont le dévouement ira même jusqu’à dominer ce goût de la rodomontade qui fait de leurs chambres de véritables halls à cacatoès, à la condition de leur accorder que la « pauvre petite Belgique » est la première nation du monde  » 

 KavalScharn

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L'armistice et le général Mordacq

Dès la fin de la guerre, le général H. Mordacq  publie une brochure intitulée « Vérité sur l’Armistice » mais il faudra attendre  1937  pour que ce témoin privilégié de la signature de l’armistice publie une relation complète de cet événement.

Il fut, en effet,  de 1917 à 1919 le collaborateur de Clémenceau  qu’il écrit-il « n’a pas quitté une minute ».

Dans ce livre il relate presque minute par minute les péripéties qui entourèrent  cette affaire.

En 1937 l’Allemagne s’était réarmée et il y avait des bruits de guerre  et certains criaient haut et fort que la préparation des conditions d’armistice avait été bâclée.

Le général s'efforce de démontrer que toutes les précautions furent prises lors de la rédaction de cet acte.

Dès les premiers jours d’octobre 1918 on savait que les Allemands avaient l’intention de demander l’armistice.

« Je fis établir par les officiers de mon cabinet et ceux de la Section historique du ministère de la guerre une étude très fouillée, très détaillée de tous les armistices conclus par les grandes puissances au cours du dix-neuvième siècle. »

Il relate les heurts intervenus entre  le maréchal Foch et Clémenceau.  Eternelle querelle de la politique et de la stratégie.

Or c’est la politique qui conduit la guerre et la stratégie suivant Clausewitz « n’en est que l’instrument ; elle doit en prendre le caractère et les dimensions ».

Les commandants des armées étrangères n’étaient guère partisans d’imposer aux Allemands des conditions trop sévères.  Foch se montrait intransigeant.  Clémenceau voulait l’occupation des pays rhénans et des têtes de pont sur la rive droite du  Rhin.

Un ouvrage instructif sur ce qui fut malgré le germe du conflit suivant.   

Armistice
 

 

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17/02/2009

La Croix de Guerre

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Cette distinction fut créée par Arrêté Royal du 25 octobre 1915.

Conférée pour acte de bravoure face à l’adversaire elle devra être portée sur le côté gauche de la poitrine après les Ordres Nationaux.

La médaille est en bronze et comporte quatre branches à pointes perlées avec, formant angles, deux sabres croisés.

Elle est surmontée de la couronne royale.

Au centre à l’avers le Lion Belge avec au revers le monogramme du roi Albert.

Le ruban  peut être surchargé de palmes  en bronze  ou de petits lions découpés pour citations.

Une palme en bronze représente une citation à l’ordre du jour.  Si  animé d’une valeur exceptionnelle (ou de chance ?) le possesseur  reçoit 5 citations il lui est alors attribué une palme d’argent.  La palme en or « vaut » 5 palmes d’argent !! Les lions ont la même valeur (1 = 1 citation à l’ordre du jour ; 1 lion d’argent = 5…etc.).

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12/02/2009

L'Auto blindée n° 7

AutoBlind7

Cette carte-postale représente une des premières « automitrailleuses » belges et je me plais à croire qu’il s’agit de la n° 7.

Celle-là,  une Hotchkiss  pilotée  par le sous-lieutenant Thiery et son équipier le Comte de Berlaymont,  s’illustre en septembre 1914  lors d’une sortie de la position d’Anvers vers le village de Werchter.

Les premières maisons  franchies, les carabiniers-cyclistes qu’elle accompagne tombent dans une embuscade.

Pendant près de quarante minutes la mitrailleuse de l’engin dont il faudra d’ailleurs changer le canon tient l’ennemi en respect et permet  la retraite des carabiniers.

Lorsqu’elle repart  ailes, coffres et caisson arrière couverts de blessés sa mitrailleuse a tiré quelques 4.200 cartouches !

Deux jours plus tard elle repart avec des soldats du Génie à bord avec pour destination la destruction de la voie Louvain-Liège.

Alors que les pionniers minent la voie, la n° 7 embusquée derrière un talus voit surgir une voiture avec deux officiers allemands à son bord.  Ceux-ci sont rapidement mis hors de combat et leur véhicule capturé suivra la n° 7 lors de son retour dans les lignes belges.

Le 6 octobre 1914 elle s’illustre une nouvelle fois toujours aux mains du sous-lieutenant Thiery à Schoonaerede  où elle franchit une barricade et engage les servants  d’une batterie d’artillerie ennemie qui  taquinait dangereusement les positions belges.

C’est au cours de cette sortie qu’est blessé le sous-lieutenant Thiery son mitrailleurs ayant quant à lui la main déchirée par dit-on des balles dum-dum.

Les combattants vont bientôt s’enterrer et les exploits de cette remuante Hotchkiss  s’arrêter.         

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