• Dinant Citadelle - 3

    Cit_23-08-14

    A deux pas de la citadelle il y a une nécropole presqu’exclusivement française hormis les tombes d’aviateurs du Commonwealth  qui faisaient vraisemblablement partie du même équipage du bombardier abattu le 12 octobre 1941.

    Parmi les Français un grand nombre sont tombés le 23 août 1914.

    Le sous-lieutenant Maxime Delloué du 275e régimebnt d’infanterie qui défendait le pont de Dinant ce jour-là écrit dans son Journal de Campagne que  dès l’aube un avion boche nous survole.

    C’est le prélude à un véritable déluge d’artillerie.  77 puis grosses marmites pleuvent sur Dinant.

    Vers 8h les 75 français font entendre leurs voix.

    La supériorité numérique de leur artillerie, le nombre important de leurs mitrailleuses, marquaient malheureusement d’une  façon  trop évidente notre faiblesse sans parler de la liaison de leur artillerie et de leur aviation qui nous apparaissait réglée automatiquement et littéralement surprenante.  

    A 9 h l’Hôtel des Postes flambe.

    A 11 h. Scache  nous signale que la position était devenue intenable.

    Scache c’est cet adjudant que le narrateur avait envoyé tenir l’Hôtel des Postes la veille au soir.

    Il évacue la positon.

    Le premier homme de sa section à rejoindre  est le caporal Teturgis blessé à la jambe.

    Il est suivi peu après par le reste traînant avec eux un brancard sur lequel git le caporal Pesez.

    Du sang coule encore de sa poitrine percée de 3 balles.

    Il avait 19 ans.

    Tous les hommes se découvrent et je l’embrasse pour tous ses camarades.

    J’ai pensé que sa mère dans son chagrin serait contente de savoir qu’il soit parti avec cette ultime caresse et que son âme de gosse héroïque aura tressaillit de joie au suprême baiser de son officier.

    Les obus pleuvent sur la barricade qui interdit la traversée du pont.

    A 5 h les Français sont toujours là.  Les 75 se sont tus et ils  se sentent abandonnés.

    A 6 h 30 arrive enfin un officier du Génie : Messieurs la division bat en retraite sur Rosée, vous n’aves plus personne derrière vous et plus d’artillerie… il faut vous replier le plus vite possible. Les Allemands ont passé la Meuse sur le pont à Anseremme… Je fais sauter le pont.

    Delloué et ses hommes se replient par le passage à niveau où plusieurs tombèrent fauchés par une mitrailleuse boche. A quelques cents mètres de là dans un fossé nous faisons l’appel … il manque beaucoup de camarades…

    Ils sont là devant moi.

    Cit_23-8-14

  • Dinant Citadelle - 2

    Dinant-P6251093

    Au cours de la visite on découvre la reconstitution du bureau d’un officier de l’armée belge sis au fond d’un abri dans la zone du front.

    Un bruitage fait de staccato de mitrailleuses et de martèlement d’obus sert de toile de fond.

    L’officier est entouré d’objets d’époque et nécessaires au bon déroulement de son activité.

    Dinant-P6251094

    Sorti de son bureau on se retrouve immédiatement dans une tranchée dans laquelle veille, la main ensanglantée,  un soldat belge.

    La présence d’un  Lebel modèle 1886 en calibre 8 Lebel à ses côtés me semble un peu incongrue.  L’armée belge n’ayant à mon humble  avis jamais utilisé ce type d’arme.

    Mais on peut imaginer toutes sortes de situations justifiant cette scène : un collègue français de faction avec le belge (mais le fusil n’aurait alors pas eu le canon enfoncé dans la boue) ;  un oubli lors de l’emport  à la hâte d’un blessé français,  … etc...

     Dinant-P6251096

  • Dinant citadelle - 1

    Je suis allé musarder du côté de Dinant  et de sa majestueuse citadelle  autour de laquelle se déroulèrent bien des combats entre les armées française et allemande en août 1914.

    La construction ne faisait pas partie du dispositif défensif de  l’armée belge.  Elle n’était pas armée.

    Les  affrontements eurent principalement lieu sur les berges de Meuse.  Certains sur les superstructures et quelques rares à l’intérieur de la forteresse dont celui que fait  revivre une poignée de mannequins au fond d’une galerie.

    CitadelleF01

    C’est là que 58 fantassins français fuyant au travers des galeries et s’imaginant y trouver une issue se trouvèrent bloqués.

    Une sorte de jeu de massacre.

    CitadelleF02

    Ils durent pourtant défendre chèrement leur peau et essayer de forcer le passage puisque 12 allemands trouvèrent également la mort à cet endroit.

    Les murs piqués de balles portent encore les traces de cet affrontement.

    CitadelleF04

    Les corps de ces 70 victimes furent brûlés devant l’entrée principale et leurs cendres placées à l’intérieur d’un monument non loin du lieu de l’incinération sur lequel on lit

    Hier ruhen die Reste von 12 deutschen und 58 franzosichen  soldaten gefallen  am 15.8.1914 eingeäschert  am 27.8.1914.

    L’état des corps après 12 jours passés sans sépulture justifiait sans doute l’incinération.

    CitadelleF05
     

      

  • Chope de réserviste.

    Reservisten-Bierkrug

    L’usage voulait qu’une fois son temps de service terminé, le militaire allemand concrétise celui-ci par un objet  avec un caractère  personnel.

    L’un des plus remarquables est sans doute la chope à bière.

    Il existait jusque dans les années ’20 des  fabricants attitrés qui disposaient de chopes vierges que le démobilisé pouvait agrémenter de motifs personnels.  Ceux-ci étaient bien souvent une représentation du lieu de garnison ou encore des motifs grivois.  La plupart portait aussi le nom du soldat  avec, à l'occasion,  celui  de ses condisciples. 

    De porcelaine ou d’étain les chopes  s’agrémentaient encore de couvercles tarabiscotés au gré de la fortune de son militaire.

    Ces pièces sont toutes différentes puisque le fabricant n’exécutait à chaque fois qu’une unique  lithophanie commandée au seul usage de son propriétaire.

    Chope

  • L'Instantané

    L’Instantané était le supplément illustré de La Revue Hebdomadaire.

    C’était un cahier du format 20 x 11 cm.

    Les photos de L’Instantané faisaient la plupart du temps  l’objet d’un article  dans La Revue.

    Instantané

    On voit ici une intéressante double page qui est une incitation  à donner son or à la Banque de France pour soutenir l’effort de guerre.

    Cette bande dessinée rejoint  celles déjà montrées plus avant dans notre visite à travers mes trésors

    Belle photo de ce qui semble être un Farman MF-7 « coulé » dans les Dardanelles.

    Instantané2

  • Verdun - 5

    Il existe une médaille commémorative de la bataille de Verdun.

    Quoique cet endroit fut un des hauts lieux de la 1ère guerre mondiale et mondialement connu, cette distinction n’a jamais été officialisée !  Le bénéficiare devait d'ailleurs payer la somme de 10 francs (de l'époque)  pour obtenir le bijou.

    VerdunMed-01VerdunMed-02

    Elle était décernée aux soldats présents sur le front de Verdun du 21 février 1916 au 2 novembre de la même année.

    Comme souvent son attribution fut ensuite  étendue aux militaires présents dans le secteur Argonne/Saint-Mihiel du 31 juillet 1914 au 11 novembre 1918. 

    MedVerdun-1

     

  • Matelot Royal Navy 1914

    Marin

    Figurine  Mignot d’un matelot de la Royal Navy en tenue de travail.  Il est coiffé d’un bonnet bleu avec un bandeau qui renseigne le bâtiment sur lequel il sert.

    Il porte un col marin à dos carré à 3 galons blancs qui est noué par une lanière sur l’avant.

    Sur le torse, une … marinière (qui l’eût cru) qui recouvre le haut du pantalon.

    La figurine arbore des galons rouges sur la manche insignes de grades et de spécialité.

    Celui-ci est un quartier-maître de 1ère classe. Les deux ancres croisées surmontées d’une couronne attestent de son statut de Petty Officer   fonction apparentée  à celle  de sous officier marinier.

    Son pantalon est le fameux « Bell bottomed  trousers »  qui porte des stries horizontales sur le bas des jambes.

    Beaucoup affirment que celles-ci représentent les sept mers.

    Ce qui semble inexact.  A  l époque et suivant la taille du porteur on ne trouvait pas le même nombre de plis qui allaient de 5 à 7 suivant la taille du porteur.  Ces pliures étaient des repères marquant les endroits où plier le pantalon lorsque le matelot travaillait  à bord : 1 ou 2 plis « réglementaires «  dégageaient les chevilles, 3,4…le mollet suivant la tâche à accomplir.

    Dans les collections du « musée » une coiffe blanche (sortie) d’un matelot du Vindictive ce navire qui fut utilisé pour bloquer le port de Zeebrugge.

    Nous y reviendrons.

    HMSVindictive