• Glogowski - Le Vent de l'Histoire

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    J’ai déjà commenté  par ailleurs Henry’s dagboek (Le Cahier du Sergent Henry)  ou Philippe Glogowski  racontait et dessinait les mortelles tribulations d’un sergent anglais dans le secteur d’Ypres.

    Il m’a été donné de  rencontrer l'auteur  il y a quelques jours.

    J’ai ainsi constaté qu’outre la BD déjà citée il avait réalisé deux autres volumes sur la première guerre mondiale.

    En 2 tomes il survole tout le  conflit.

    Le premier qui s’intitule « de Sarajevo à Verdun » emporte le lecteur depuis l’attentat contre le prince-héritier François Ferdinand jusqu’en septembre 1916 dans le décor lunaire de Verdun.

    Le second va du tristement célèbre « Chemin des Dames » jusqu’à Rethondes.

    Tout au long des cases on s’aperçoit que l’auteur s’est bien documenté et on n’y voit guère d’anachronismes.

    Les deux livres sont publiés aux éditions du Triomphe à Paris dans la colletion Le Vent de l'Histoire.

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  • 5 août 1914 - L'Aviation n'est plus un sport

    Au fond de la Boîte à Images  une photo aux couleurs passées. Une inscription au dos permet de mettre un nom sur  l’aviateur  adossé à son aéroplane.  Il s’agit de   Jan Olieslagers  ce pilote belge qui par ses acrobaties  audacieuses avait mérité le surnom de « démon anversois ».

    En août 1914, l’embryon de l’aviation militaire belge était à Brasschaet.

    Dès l’annonce de l’invasion, l’Etat-major voulu connaître l’ampleur de l’avance ennemie.Olieslager

    La photographie aérienne n’avait pas encore été inventée.  Il fallait des volontaires pour voler de Brasschaet à Aix-la-Chapelle et faire un rapport oral au retour.  Olieslagers fut l’un des premiers à se présenter.

    Il se poserait  à Ans-lez-Liège où  un groupe d’aviateurs devait d’ailleurs  prendre ses quartiers  pour être mis à la disposition du général Leman qui commandait  la position fortifiée de Liège.

    Le lieutenant Max Orban, lieutenant aviateur à la première escadre d’Ans décrit dans un bulletin du Touring Club de l’immédiat après-guerre[CL1]  ses premières impressions :

    Le 5 août nous vîmes du plateau d’Ans un des nôtres survoler le  fort de Fléron.  Nous suivions son essor, grandis d’une fierté admirative et nous espérions son retour avec le désir si ardent de savoir, d’enfin savoir ce qui se passait.  Autour de la tache noire mouvante dans la limpidité du ciel, apparaissaient d’autres taches noires  qui, en s’estompant finissaient par pommeler le ciel de petits flocons blancs.  Qu’était-ce ? Sans doute les coups de départ des gros canons du fort envoyant vers l’horizon la fumée blanchissante qui accompagnait l’envol des lourds obus.

    Doucement l’avion est revenu se poser sur la plaine.  Chacun court, tant de questions fusent,  et l’observateur reste là, étonné encore de ce qu’il vient d’apprendre.  Les Allemands avec leurs canons de campagne, tirent à shrapnells sur les avions qui les survolent !!! 

    Ces hommes découvrent indignés que l’on tire sur leurs appareils pourtant désarmés.

    C’est le début de la DCA.  Une histoire qui n’est pas de se terminer.

    Suite aux infiltrations des troupes allemandes dans les intervalles des forts les pilotes  ne resteront que quelques jours à Ans.

    Trois nuits après leur arrivée les quatre appareils constituant l’escadrille reçoivent l’ordre de quitter le terrain.

    Il est trois heures du matin, la lumière est incertaine et de gros nuages de pluie trainent dans le ciel.  Les pilotes n’étaient pas accoutumés à voler dans de telles conditions.  Pas un appareil ne parvint à Brasschaet.

    Quoi qu’il en soit ce Max Orban avait une jolie plume.


     [CL1]Collection du musée déjà mentionnée dans un Post précédent.