• Un Cavalier (3)

    Ostende-Phareb

    « 8 octobre.  En route pour Ostende (…) Nous sommes cantonnés dans le quartier du phare ».

    L’entraînement continue et Fernand est peu prolixe.

    Il ne reprend  ses notes  que le 13 octobre : « En revenant du tir nous avons notre première émotion : un avion a lancé une bombe à 200 mètres du stand ».

    Depuis quelques temps  la ville reçoit  la visite  de Zeppelins  ou d’avion lanceurs de projectiles. 

    La première fois  c’était le 24 septembre 1914.  Ce genre de procédé a suscité la colère et l’indignation  générale.

    L’Indépendance note dans son édition du 26 : « L’indignation est générale contre les Allemands coupables de ce monstrueux attentat et l’on espère qu’il sera vengé par les  excellents aviateurs attachés à la place d’Anvers ».

    Le 15 octobre, les cavaliers quittent Ostende et prennent la route de Nieuport.  « (…) Il flotte du lugubre.  A gauche le canon tonne. (…) Un mot est sur toutes les lèvres mais personne n’ose le prononcer : Nous allons en France ».

    Ostende-Bombes

     

    À suivre.

  • Un Cavalier (2)

    Tous ne semble pas uniquement attentifs au sauvetage de la Patrie  car il note «  On m’a volé ma valise avec son contenu ».

    Le 10 septembre  commence l’apprentissage du tir « Quelques alertes d’avions.  Tir à la butte ».

    L’instruction se poursuit.  Les hommes montent des heures durant « Beaucoup sont blessés aux cuisses ».

    2 octobre  « L’on nous désigne nos chevaux ».  Preuve de la bonne gestion de la cavalerie belge il n’y a en 1914 pratiquement pas de chevaux de réquisition tous proviennent des escadrons ou de la remonte. Ils sont  belges.

    Finalement le 6 octobre mains basses, coudes au corps,  ils s’en vont.   Ce ne sont déjà  plus des recrues mais des cavaliers.

    « Quittons  Beveren-Waes pour X..  Après quatorze heures de marche, arrivons à Selzaete en pleine nuit (l’officier qui  dirigeait la colonne s’étant égaré deux fois).

    7 octobre .. De Selzaete  nous partons pour Oedeghem à 9 km de Bruges. ».

    La guerre est déclarée depuis près de 2 mois et ils n’ont pas encore vu le feu.

    (à suivre)

    ChasàCheval14

  • Un Cavalier

    En 1945,  le Père Adrien Tonnet curé de Genval écrit Fernand Tonnet mort à Dachau.

    Le livre est publié par L. De Lannoy et  porte Imprimatur et Nihil obstat  du censor librorum ainsi qu’il se devait de toute publication catholique.

    Fernand Tonnet dont la biographie est l’objet de cet ouvrage fut un laïc animé d’une foi ardente cheville ouvrière de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) publiant des centaines d’articles dans la revue du même nom.

    Arrêté pour faits de résistance en 1943, déporté,  il meurt  à  Dachau en 1945.

    Le récit  reproduit des  extraits du Journal de Guerre 1914-1918 de Fernand Tonnet qui apportent un éclairage particulier sur la période qui nous intéresse.

    Le 7 août, notre homme qui a vingt ans quitte Laeken où il demeurait et s’engage comme volontaire pour la cavalerie.

    Les trains fonctionnent toujours. Il embarque pour Beveren-Waes près d’Anvers où se situent les dépôts de cavalerie pour la remonte et l’instruction. En cours de route, il note laconiquement « J’assiste au pillage Tietz ».

    Il évoque sans doute  les grands magasins Tietz dont la maison mère était en Allemagne ce qui a  attiré la vindicte patriotique (pas toujours désintéressée) de la foule.

    A son arrivée au dépôt, il apprend qu’il est désigné pour le 4e Régiment de Chasseurs à Cheval.

    « 20 août, l’instruction à pied et à cheval se poursuit.  C’est rude vu la chaleur ».

    La cavalerie était une arme exigeante.  Dans les années précédant la Grande Guerre le service dans l’infanterie était de 26 mois   tandis que dans la cavalerie il était de quatre ans.

    Vu l’urgence les exercices se poursuivent à un rythme effréné.   

    (A suivre).

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  • Dédicaces

    AlbIllustration

    En 1924, l’Illustration entame la publication d’une série d’ouvrages  grand format intitulée  « L’album de la Guerre 1914-1919 ».

    Celui que nous examinons et qui est le premier de la série pèse près de 6 kg !

    La particularité de ce premier tome est de nous livrer les dédicaces des grands chefs de guerre.

    De Joffre à Lyautey. 

     

    JoffreFochPétainFayolleFranchetLyautey

  • Le Miroir. 08-11-1914

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    En couverture le “sapeur-aviateur” Georges Carpentier  mobilisé dans l’aviation  pose à côté d’un berger allemand pris à l’ennemi. Sa conduite valeureuse lui vaudra la Croix de Guerre et la Médaille Militaire. Plus tard il sera le premier boxeur français champion du monde de boxe anglaise.

    20 octobre, on se bat le long de la côte de la Mer du Nord.

    21 octobre, la ville d’Arras est en partie détruite.

    22 octobre, batailles titanesques  de  Nieuport à Dixmude, d’Ypres à Menin et de Warneton  à La Bassée.

    23 octobre, les Alliés progressent dans l’Argonne et en Woëvre,

    24 octobre, les Alliés refluent autour d’Armentières,

    26 octobre, les fusiliers marins appelés « Mathurins » chargent à la baïonnette sur le front de la Mer du Nord. « De cette première échauffourée, nos joyeux marins ont rapporté de nombreux souvenirs qui viendront orner leur petite maison en Bretagne à côté des noix de coco sculptées rapportées des colonies et des petits navires enfermés dans des bouteilles ».

    Plus loin un reportage photographique nous montre l’installation du gouvernement belge à Sainte-Adresse qui devient la capitale du gouvernement belge en exil.

    Le Miroir montre encore   « Deux étoiles sportives aperçues sur le Front » : Edmond Jacquelin  surnommé « piou-piou » champion cycliste  qui remporta le championnat de France et du Monde.  Il est chauffeur dans un ministère. Et Védrines dont on n’a pas fini de parler. Il accomplit des missions secrètes et très périlleuses à bord de son appareil baptisé La Vache.  Il aura l’honneur d’instruire Georges Guynemer.

     Miroir50

  • IllustrierterKriegs-Kurier - Octobre 1914

    IllusKur-10-1914

    Ces magazines ne portent pas  date et c’est après lecture  qu’on peut raisonnablement supposer qu’il est   de novembre 1914.

    En effet on y parle du combat naval qui eut lieu le 1 novembre 1914 au large du Chili entre  une escadre allemande composée des croiseurs Scharnhorst, Gneisenau, Leipzig, Nuremberg et Dresden placés  sous le commandement du vice-amiral comte von Spee et des vaisseaux anglais. Affrontement connu sous le nom de Bataille des Coronel et qui vit la défaite anglaise qui perdit le Good Hope et le Mommouth.

    Ce qui est intéressant c’est que les Allemands  annoncent l’empêchement de leur avance suite aux inondations pratiquées par les Belges et les Français.

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    La photo du roi Albert 1er  et « ses troupes en retraite » ne date certainement pas d’octobre ou novembre 1914.

     

    IllusKur-10-1914c

  • Octobre 1914 - Ronarc'h

    Votre nom a connu la gloire

    Des jours sombres, mais triomphants,

    De Dixmude par vous l’histoire

    Fut écrite en longs traits sanglants.

     

    Refrain :

     Fusiliers marins, braves Jean le Gouin,

    Vous incarnez l’âme française

    Bravoure, entrain, franche gaieté,

    Auprès de vous toujours à l’aise

    Nous vous suivons avec fierté.

     

    Quand apparaît le pompon rouge

    Goutte de sang sur béret bleu,

    Le Boche hésite, car s’il bouge

    Jean Le Gouin bondit l’œil en feu.

     

    C’est le chant des fusiliers marins de Dixmude dont les paroles furent composées par le sous-lieutenant Haverland du 8e régiment territorial d’infanterie.

     

    Ils méritaient bien une chanson les gars de l’amiral Ronarc’h qui montaient le quart  ce 16 octobre 1914 lorsque l’enfer s’est déchaîné.

    Six mille fusiliers marins mêlés à quelques cinq mille Belges  soutenus par les septante canons d’un régiment d’artillerie belge vont écrire une page de gloire.

    De sauvages corps à corps, des vagues d’assaut d’un ennemi qu’on eut dit insensible aux pertes.

    Pendant vingt jours les ruines de la ville retentirent des cris des combattants.

    Les Allemands pilonnaient la ville avec une telle précision  que l’on cru longtemps qu’il y avait des espions dans les lignes alliées.

    Et puis le 26 octobre les belges ouvrirent les vannes.  L’eau noyait tout, embourbait les canons enlisant l’offensive.

    Le Matin du   27 annonce en première page « Les Allemands qui ont passé la rivière ne la repasseront pas ».

    Le Miroir nous montre un canon allemand embourbé.

    Malgré de nombreux assauts les Allemands ne purent progresser, arrêter l’inondation, atteindre Nieuport  et fermer les vannes.

     LeMatin-10-1914

        LeMiroir_10-1914