27/12/2009

Les Ames Héroïques.

En 1922, la Revue des Auteurs et des Livres  située 79, chaussée de Haecht à Bruxelles publie une collection intitulée « Les Ames Héroïques ».  Teintée d’un catholicisme ardent elle livre mensuellement  dans des brochures d’un format inhabituel (17 x 9 cm) les péripéties souvent  tragiques des Gabrielle Petit, Georges Attout, Léon Trulin...etc. 

L’édition de juin-juillet 1922 est consacrée aux membres du Cercle Catholique de Schaerbeek qui étaient 95 en âge de porter les armes au moment de la déclaration de guerre.  16 d’entre eux ne revinrent pas et parmi les survivants 23 furent blessés.

Parmi tous les récits relevons celui concernant René Van Coillie qui aurait été « le plus jeune sergent de l’armée belge ».

Il n’avait  que 16 ans et demi lorsqu’il s’engage le 6 août 1914.

En garnison à Gand il démasque un espion allemand et l’arrête.  Ce qui lui vaut d’être nommé caporal.

A ce titre il est responsable d’une vingtaine d’hommes.

Il écrit à sa famille :

« Ce sont tous des flamands dont deux seulement connaissent le français ; ils m’obéissent de tout cœur et se couperaient en quatre pour me rendre service… Dans la chambrée tous mes hommes sont, sinon très chrétiens, du moins très honnêtes et moraux. (…) ».

Outre la proclamation de sa foi, il fait allusion  au cruel problème de la langue dans l’armée belge de cette époque.  La méconnaissance de la langue de l’autre déboucherait sur des tragédies.

Il connait son baptême du feu sur la Lys.

C’est la nuit et René garde le pont avec 5 hommes.

Tout-à-coup un fort groupement d’Uhlans surgit au galop.

Les Belges tirent, font deux prisonniers   et repoussent les Allemands qui se retirent en laissant  des pièces d’équipement sur le terrain.

Au matin ils ramènent leurs prisonniers ainsi que leurs trophées au bataillon.

Le capitaine aurait élevé aussitôt le jeune caporal au garde de sergent bien qu’il n’ait ni l’âge ni le temps de présence exigés par le règlement.

« Vous êtes le plus jeune sergent de l’armée belge » aurait-il dit scellant cette nomination d’une poignée de main.

En octobre 1914 il est sur l’Yser dans la boucle de Tervaete si chèrement disputée.

Lors d’une contre-attaque menée par son bataillon, le 22 octobre 1914,  il est porté manquant.

Ce jour-là, les  Belges étaient partis 225 et il n’en revint que 97.

AmesHero[1]

11:41 Écrit par sweetcricri dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.