• Spad XIII

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    Avec l’été de 1917 surgit au-dessus des différents fronts un nouveau type d’avion de chasse le Spad XIII.

    Conçu par le français Louis Béchereau il  présentait un certain nombre de nouveautés (telles ces deux mitrailleuses synchronisées tirant vers l’avant) qui allaient en faire un des premiers chasseurs du monde.

    Le moteur Hispano dû à l’ingénieur suisse Marc Birkight  développait plus de 205 CV et entraînait l’avion à la vitesse de 218 km/h ce qui était fantastique pour l’époque.

    Des noms célèbres tant français, qu’américains, Italiens, belges et autres  sont associés à cet avion.

    On pense immédiatement à Guynemer et son « Vieux Charles »

    Les Belges  dotèrent à partir de 1917 leur 5e escadrille avec cet appareil.

    La 10e  ne les recevant  que peu de temps avant la fin de la guerre.

    La revue Escadrille de Mars 1946 publie non seulement un très beau dessin en couverture mais livre également les plans de la maquette volante du Spad XIII.

    A l’époque il n’était pas encore question de plastique et le modéliste devait être habile de ses mains pour construire ses maquettes.

    Je ne puis résister au plaisir de montrer la dernière page de couverture qui est une publicité pour l’encre Carmer bien dans le style de l’immédiat  de l'autre après-guerre.      

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  • Les Ames Héroïques.

    En 1922, la Revue des Auteurs et des Livres  située 79, chaussée de Haecht à Bruxelles publie une collection intitulée « Les Ames Héroïques ».  Teintée d’un catholicisme ardent elle livre mensuellement  dans des brochures d’un format inhabituel (17 x 9 cm) les péripéties souvent  tragiques des Gabrielle Petit, Georges Attout, Léon Trulin...etc. 

    L’édition de juin-juillet 1922 est consacrée aux membres du Cercle Catholique de Schaerbeek qui étaient 95 en âge de porter les armes au moment de la déclaration de guerre.  16 d’entre eux ne revinrent pas et parmi les survivants 23 furent blessés.

    Parmi tous les récits relevons celui concernant René Van Coillie qui aurait été « le plus jeune sergent de l’armée belge ».

    Il n’avait  que 16 ans et demi lorsqu’il s’engage le 6 août 1914.

    En garnison à Gand il démasque un espion allemand et l’arrête.  Ce qui lui vaut d’être nommé caporal.

    A ce titre il est responsable d’une vingtaine d’hommes.

    Il écrit à sa famille :

    « Ce sont tous des flamands dont deux seulement connaissent le français ; ils m’obéissent de tout cœur et se couperaient en quatre pour me rendre service… Dans la chambrée tous mes hommes sont, sinon très chrétiens, du moins très honnêtes et moraux. (…) ».

    Outre la proclamation de sa foi, il fait allusion  au cruel problème de la langue dans l’armée belge de cette époque.  La méconnaissance de la langue de l’autre déboucherait sur des tragédies.

    Il connait son baptême du feu sur la Lys.

    C’est la nuit et René garde le pont avec 5 hommes.

    Tout-à-coup un fort groupement d’Uhlans surgit au galop.

    Les Belges tirent, font deux prisonniers   et repoussent les Allemands qui se retirent en laissant  des pièces d’équipement sur le terrain.

    Au matin ils ramènent leurs prisonniers ainsi que leurs trophées au bataillon.

    Le capitaine aurait élevé aussitôt le jeune caporal au garde de sergent bien qu’il n’ait ni l’âge ni le temps de présence exigés par le règlement.

    « Vous êtes le plus jeune sergent de l’armée belge » aurait-il dit scellant cette nomination d’une poignée de main.

    En octobre 1914 il est sur l’Yser dans la boucle de Tervaete si chèrement disputée.

    Lors d’une contre-attaque menée par son bataillon, le 22 octobre 1914,  il est porté manquant.

    Ce jour-là, les  Belges étaient partis 225 et il n’en revint que 97.

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  • Fraternelle Aviation Militaire 1914-1918

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    Après la guerre naquirent  des fraternelles de toutes sortes  notamment celle de l’Aviation Militaire dont on voit ici l’insigne.

    Celui-ci était formé du monogramme ailé du roi Albert  entouré des mots « Fraternelle  - Aviation Militaire ».

    On le trouve également  sous forme d’épingle à cravate ou de broche pour dames.

    Ces bijoux furent remis à l’occasion  du 42ème anniversaire de  la Bataille de l’Yser et du banquet qu’offrait La Maison des Ailes aux membres de la Fraternelle de l’Aviation Militaire 1914-1918

    L’idée était du colonel Mantel secrétaire de l’association.

    En ce 27 octobre 1956 la fraternelle comptait encore beaucoup de membres tels le Lieutenant-Général baron Wahis qui fut une des chevilles ouvrières lors de l’organisation de l’Aviation,  les généraux Becquet, Verelst, les colonels Franchomme, Marissal, Biver, Mesmaeker et bien d’autres dont on retrouvera régulièrement les noms dans l’un ou l’autre récit sur l’aviation militaire belge.

     

  • La Médaille de Liège

    Médailles Dubois.

    Parmi les distinctions récoltées par le soldat  Dubois dont la photo orne le centre du tableau on distingue une médaille assez peu connue car non officielle.

    En effet celle-ci communément appelée « Médaille de Liège 1914 » ne fut frappée qu’au début de l’année 1920 et ce à l’initiative de la ville de Liège.

    Si non officielle elle fut toutefois agréée par le Ministre de la Guerre de l’époque.

    Pour ne pas désorganiser l’ordonnance du tableau, je n’ai pas manipulé la médaille  et  on ne voit donc  le revers qui porte  au centre un Perron liégeois en relief  bordé des lettres « L.G. »  tandis que l’inscription « LA VILLE DE LIEGE A SES VAILLANTS DEFENSEURS » entoure le  Perron.

    Sur la face visible on voit une scène de guerre avec la coupole d’un fort éventré  d’où sortent  des soldats l’arme au poing.

    C’est  Georges PETIT un liégeois qui a composé  l’ensemble

    La médaille est aux couleurs de la ville de Liège soit rouge et jaune.

    MédaillesDub-deLiège

  • Un Cavalier - 13.

    Evene-CitNamur

    14 juin, Fernand ne confie à son journal que des choses intimes comme « Je me suis confessé à l’Abbé Wallerand. Communion.  Combien on se sent régénéré… »  ou  « 11 juin. – (..) en rentrant des avant-postes, j’ai pris connaissance des lettres de Père (…) c’est une nouvelle provision de courage ».

    Ce début du mois de juin semble routinier.

    L’Evénement Illustré  de cette époque  ne diffuse pas d’informations guerrières lui non plus.

    Après une Histoire de l’Artillerie et des vues de Namur sous occupation avec des sentinelles coiffées du casque à pointe montant la garde aux entrées de la citadelle,  le magazine nous dévoile le paisible mais astucieux (sic) billet de la Compagnie des Tramways Viennois qui est au verso un titre de transport et au recto une recette de cuisine de guerre.

    Par exemple et pour les amateurs de pudding au maïs :

    Pour 6 personnes, il faut employer 140 grammes de farine de maïs ou grumeaux ; un demi-litre de lait ; un demi-litre d’eau ; 3 œufs ; 80 grammes de beurre : 80 grammes de sucre ; quelques morceaux d’écorce d’orange ou de citron, ou bien du rhum ou une cuillerée à café de levain en poudre.

    La préparation se fait de la manière suivante : beurre, lait et eau sont mis en ébullition : la farine de maïs est ajoutée lentement pendant que l’on remue le liquide.  On laisse bouillir encore pendant quelques minutes puis on fait refroidir.  Ensuite on mélange les jaunes  avec le sucre et les zestes d’orange ou de citron râpés ou une cuillerée de rhum.  Les blancs d’œufs sont battus en neige. Après avoir ajouté le levain, on verse cette seconde préparation dans la première ; on remue ; on verse dans une forme dont les parois sont beurrées ; on met au four et on laisse cuire à petit feu.

    Et voilà ! La ménagère ou le cuistot en herbe passait agréablement son temps durant le parcours et une fois à la maison il ou elle pouvait s’exprimer devant ses fourneaux.

    Ce menu était de plus garanti "très bon marché" !

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  • Courier de l'Armée - Legerbode

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    Ce numéro de mars 1920 nous montre les vestiges qui parsemaient les anciens champs de bataille  des mois voire des années après novembre 1918.

    On voit ici un char d’assaut Mark IV anglais devant lequel posent complaisamment des militaires accompagnés de leur famille ( ?).

    Dans les années 17-18, la plupart des tanks allemands étaient des engins  capturés pour beaucoup à Cambrai (100) et ailleurs sur le front.

    Ils étaient réparés et réhabilité  presque toujours à Charleroi et rééquipés du canon Sokol russe (mâles) ou de la mitrailleuse Maxim Nordenfeld de 57 mm  (femelles).

    Les machines capturées furent regroupées en 4 compagnies appelées « Sturmpanzerwagen (Beute) ».

    Deux photos de Mark IV miniaturisés vues lors d’un salon du modélisme.

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    Ce Courrier de l’Armée nous apprend encore que le ballon sphérique Commandant Eckstein (portant ce nom en souvenir du commandant Serge Eckstein de l’aérostation belge mort pour la patrie sur l’Yser) s’est élevé » d’Anvers  montés par des officier du Génie et de l’Artillerie et a atterri à Matagne-la-Grande près de Mariembourg.

    Dans ce numéro et dans les suivants figure une liste des « Colis en souffrance à réclamer à l’Agence des Colis de l’armée à Anvers ».  S’agit-il des cantines et coffres de militaires disparus ou ?? Certains vont jusqu’à porter des adresses complètes : pourquoi ne pas avoir fait suivre ?

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    Le 14 mars de cette année-là le match de football opposant les 5ème et 15ème de Ligne  sur le terrain d’Aix-la-Chapelle en Allemagne Occupée s’est terminé par un « drawn ».

     

    * Les chars-canons ont été appelés "mâles"  et  les chars-mitrailleuses  dénommés "femelles".

  • Feldpost

    CPDE

    Le courrier a toujours été  l’un des principaux soutiens pour le soldat éloigné de ses foyers.

    L’armée allemande était dès le début du conflit d’une grande efficacité et le major von Krans dans son Eroberung Belgiens 1914, déjà évoqué plus avant,  y consacre quelques paragraphes flatteurs.

    On voit ici un modèle standard utilisé pour la correspondance par les troupes tant allemandes qu’austro-hongroises..

    Les premières versions des Feldpostkarte  reprenaient  la mention « expéditeur »  en six langues  ainsi que la mention Feldpostamt (bureau de poste de campagne) pré imprimée pour par la suite se dépouiller et ne plus conserver que les mots « expéditeur » en deux langues.

    Je possède toute une correspondance échangée entre le Feldwebel Rudolf  Dostoil et son épouse Frantiska qui demeurait en Moravie.

    La photo faisait également partie des nouvelles que l’on s’échangeait puisque le même adressait à son épouse une photo sous forme de carte-postale  représentant  sa section  au travail  à  (illisible)ee-sur-Meuse le 22 novembre 1915.   

    TélégraphisteDE