• SVejk

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    Petite escapade chez les maquettistes à l’occasion de l’exposition des Fêlés du Modélisme.

    Premier arrêt devant le buste de Josef Svejk présenté par des Tchèques ce qui est normal.

    Svejk étant considéré comme un héros national  par ceux-ci.

    Pourtant ce valeureux soldat  n’a jamais existé sauf sous la plume de l’écrivain anarchisant  Jaroslav Hasek.

    Les aventures du Brave Soldat Svejk  qui s’étendent  sur  quatre volumes débutent  par une remarque de sa femme de ménage qui dit « Ainsi ils ont tué notre Ferdinand ».

    « Quel Ferdinand Madame Muller «  répond Svjek « j’en connais deux. L’un est garçon de course chez Prusa, le Pharmacien, et a un jour avalé une lotion capillaire par erreur.  L’autre collecte de l’engrais pour  chiens.  Aucun des deux ne peut être une grande perte ».    Le ton est donné car le « Ferdinand » en question est  bien sûr l’héritier de l’empire austro-hongrois.  Institution que Svejk  exècre  et au fil de l’histoire on assiste aux démêlés de ce rusé petit soldat avec la bureaucratie et les errements guerriers de cet empire agonisant.

  • Anvers Janvier 1915

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    Anvers est occupée. Les Allemands défilent dans la ville au son des fifres et des tambours.

    Le Miroir écrit que malgré les efforts du gouverneur von Huehne assisté du général von Bodenhausen les habitants ne pactisent pas. Un concert musical donné devant la gare par la Militaire Kapelle aurait été huée par les Anversois.

    En ce mois de janvier 1915 la garnison d’Anvers est principalement composée de Bavarois tant de l’active que du landsturm qui déserteraient, toujours d’après Le Miroir, à la moyenne de 150 hommes par semaine.

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    Une photo nous montre les douaniers allemands inspectant les colis destinés aux soldats de la garnison anversoise.  On remarque à l’extrême gauche un soldat muni d’une hache prêt  à défoncer tout colis suspect.

    Les communiqués ne font état que de duels d’artillerie avec la reprise çà et là de quelques mètres de terrain.

    Une autre photo montre un Minenwerfer pris par les Belges. Peut-être l’un de ceux qui trônent devant l’entrée du Musée Royal de l’Armée à Bruxelles ?

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  • La Nouvelle Europe

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    Curieuses carte-postales.

    La première imprimée en Allemagne en 1914 imagine le Reich  Allemand s’étendant  de Nancy à Saint-Pétersbourg  à côté d’un royaume de Pologne.  Le reste de la France est une terre d’empire « Die Neuen Deutschen Reischslande »  et l’Angleterre devient un protectorat.

    L’Irlande, l’Ecosse et la Pologne se transformant  en  royaumes indépendants.

    La seconde est une réplique italienne les  frontières françaises jouxtant celles de la Russie avec la naissance d’un nouvel état : la Serbie.  Cette Grande Serbie survivra tant bien que mal jusqu’à la fin du XXe siècle avec tous les problèmes que l’on sait.

    On peut  se poser la question du sort de la Pologne dont le nom n’apparaît plus sur la carte. 

     

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  • 17 janvier 1915 - Le Miroir

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    17 janvier 1915. En couverture la distribution du courrier  « chez les Belges ».

    Comme déjà écrit la guerre ne connaît aucun répit en cette période où  traditionnellement « la paix descend sur la terre ».

    Au contraire le front s’enflamme.  En  ce 1er janvier, en Champagne, au nord de Sillery, les Allemands font sauter deux tranchées françaises.

    Au nord de Mesnil-les-Hurlus  c’est l’inverse qui se produit : les Français ont atteint la deuxième ligne de défense allemande. Allant même jusqu’à gagner du terrain près de la ferme de Beauséjour.

    Le premier jour de l’an est bien arrosé puisque des Taubes viennent lancer des bombes sur Dunkerque « sans atteindre aucun bâtiment militaire ».

    Le 2, les Allemands canonnent  « en vain » le village de Saint-Georges près de Nieuport.

    Pas de chance, le même jour, pour le cuirassé anglais Formidable qui est torpillé dans la Manche. 190 hommes ont pu être sauvés sur un équipage de 900.

    Le pilote anglais Hewlett a lui plus de chance.  Il avait disparu au retour d’un raide d’hydravions sur Cuxhaven : il a été retrouvé à bord d’une barque hollandaise qui l’a ramené à Ymunden.

    Le 5 janvier la flotte anglaise vient bombarder Zeebrugge.

    Le temps est mauvais, le sol détrempé  mais cela n’empêche pas les troupes françaises de monter à l’assaut  en face de Saint-Georges et de Nieuport « où nous gagnons plusieurs centaines de mètres ».  Il serait curieux de connaitre le prix en hommes au mètre ! 

    A l’intérieur du magazine on trouve des photos  de tombes  creusées  au hasard des combats  telle celle du capitaine Parret  dont la croix est constituée de douille d’obus de 77 allemands  avec une couronne comportant 17 douilles de Mauser.

    Celle de Jean Petit jean, un soldat belge, a dû être creusée à la hâte car  ce n’est qu’un monticule assez bas surmonté  d’un … portemanteau !

    Plus bas, la tombe d’un soldat autrichien,  facilement reconnaissable à la coiffure placée au pied de la croix, se voit agrémentée d’une couronne constituée avec des chapeaux de fusée d’obus.   

     

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  • Dixmude - Les Fusiliers Marins

    Livre écrit par Charles Le Goffic de l’Académie Française dont le fils était médecin au 3eme bataillon du 1er Régiment de la Brigade des Fusiliers marins et publié chez Flammarion.

    C’est  l’histoire des fusiliers marins français qui « pendant quatre semaines, du 16 octobre au 10 novembre (date de la prise de Dixmude), à l’entrée de ce delta de marécages, veillé par de vieux moulins aux ailes disloquées, un contre six, sans caleçons, sans chaussettes, sous la pluie , dans la vase plus cruelle que les obus,  vont, avec l’amiral, s’accrocher désespérément à leur radeau de misère (…) ».

    On découvre, au fil de la lecture,  tous les endroits à jamais inscrits dans l’Histoire et que ces marins ont marqués de leur sang.

    Le récit est précis et bien documenté  « En arrivant à Eessen, à une heure du matin (…) une compagnie envoyée en reconnaissance au village de Vladsloo est accueillie à coups de fusils (…) nous les délogeons aidés par des automitrailleuses belges par l’artillerie belge. (…) nous faisons jonction à Beerst ».

    La même précision dans la relation des combats dans et autour de Dixmude  qui nous mène à  la chapelle de N-D de Bon-Secours, le cimetière,(…) la  minoterie « située à l’entrée du Haut-Pont et dont la plate-forme en ciment armé nous offrait un excellent observatoire », ..

    Les combats étaient d’une férocité extrême  ainsi lorsqu’un  Parigot se plaint auprès du lieutenant de Vaisseau Martin des Pallières d’avoir perdu son «épingle à chapeau » (sa baïonnette), resté dans « la couenne  d’un boche »,  le lieutenant lui répond « fais comme moi, cogne avec la tête ».

    Un autre témoin, le fusilier Georges Delaballe, dit « Telle était l’ardeur que des Pallières avait communiqué à ses hommes qu’on trouva le lendemain, sur la route, un fusilier marin et un boche « morts l’un sur l’autre », les doigts du fusilier entrés et encore crispés dans la joue du Boche.»

    C'était sur la route de Woumen le 26 octobre 1914.

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  • 3 janvier 1915.

     

    Meilleurs Vœux à tous lecteurs et amis !

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    Bizarrement on ne trouve nulle part  dans ce numéro du 3 janvier 1915  les vœux traditionnels.

    La page rédactionnelle  reprend les communiqués du 17 au 22 décembre.

    On apprend ainsi que l’escadre anglaise bombarde Westende le 17 tandis que les Belges repoussent une attaque sur Saint-Georges.

    Des croiseurs allemands ripostent en bombardant la côte anglaise entre Hartlepool et Scarborough.

    On signale de nouvelles mutineries des contingents tchèques dans l’armée autrichienne.

    En cette mi-décembre les pertes prussiennes, bavaroises, saxonnes et wurtembergeoises sont estimées  à 1.200.000 hommes ( !).

    Le 18,  soldats belges et français enlèvent  des tranchées  à la baïonnette entre Nieuport et Ostende.

    Un raid d’aviateurs français sur Fribourg-en-Brisgau cause des dégâts considérables.

    19 décembre, les Français enlèvent un kilomètre de tranchées allemandes dans le nord (Auchy-lez-la Bassée, Loos, Saint Laurent, Blangy).

    Dans l’Argonne les Allemands après avoir essayé de déboucher en rase campagne ont été repoussés.

    Le lendemain nouvelle avance des Alliés en Belgique aux environs du cabaret Corteker. Gain d’un kilomètre.

    Les troupes franco-britanniques occupent le Cameroun refoulant les troupes allemandes.

    Les autorités allemandes établies en Belgique ont forcé les délégués des neuf provinces à voter la levée d’un tribut de guerre de 480 millions.  Ce tribut devrait être acquitté en douze paiements.

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    Un photographe a saisi l’arrivée des Français dans la petite ville de Thann déclarée allemande depuis 1870.

    Plus loin  on nous montre un cortège funèbre allemand escortant l’un de leurs officiers vers sa dernière demeure.

    La censure a volontairement choisi un cliché qui montre l’adversaire hâve, accablé et qui a perdu toute sa superbe

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