10/02/2010

Seeadler 1917

Seadler

 

Cette carte-postale représente la fin du « Seeadler » sans doute le dernier voilier corsaire du XXe siècle.

Peu après la bataille du Jutland à laquelle il participe  en mai 1916 à bord du cuirassé « Kronprinz » le capitaine comte Félix von Luckner  se voit chargé d’une bien étrange mission : forcer le blocus maritime qu’imposent  les forces navales alliées à l’Allemagne.

Et pour ce faire on lui confie un … voilier ! Ce bâtiment est l’ancien « Pass of Balmaha » capturé par  un U-boot et ramené intact à Cuxhaven.

Le navire est rebaptisé « Seeadler »  et  devient norvégien depuis les documents de bord jusqu’aux photos accrochées dans la cambuse et suprême raffinement : tous les membres d’équipages  connaissent plus ou moins la langue.

Sur le pont une cargaison de bois du nord  camouffle 2 canons, des mitrailleuses sont dissimulées un peu plus loin et il est adjoint un moteur de 1000 CV au voilier.

Le bâtiment est truqué de la proue à la poupe.

Le 25 décembre 1916 profitant d’une violente tempête le « Seeadler » force le blocus britannique et se glisse dans l’Atlantique.

Le 9 janvier 1917 non loin de l’ile Madère le Seeadler arraisonne sa première victime le « Gladys Royal » qu’il envoie par le fond.

Le 1endemain c’est au tour du « Lundy Island » d’être capturé et coulé.

La semaine d’après c’est le « Charles Gounod », un français, qui subit le  même sort.

Après deux mois de course le « Seeadler »  affiche un score de plus de 40.000 tonnes mais il a, aussi, à son bord maintenant près de 263 prisonniers dont il faut  se débarrasser.

C’est donc « Le Cambronne » un petit voilier français qui servira à cet usage.

Mat de hune rasé il ne pouvait donc plus faire que quelques nœuds et n’atteindrait Rio de Janeiro qu’une quinze de jours plus tard.

Débarrassé de son encombrante cargaison reprend sa course mais le 2 août 1917 il heurte un récif  au près de l’ile Mopelia.

L’équipage  a le temps de sauver une grande partie du matériel avant que le navire ne sombre.

A terre ils construisent une  grande chaloupe qu’ils équipent d’un moteur provenant d’un canot de sauvetage  avec laquelle ils parcourent des centaines de milles à la  recherche d’un bateau à capturer.

Ils se font capturer au large de l’ile Wakaya et ne rentreront en Allemagne qu’en 1919.

Outre le fait d’être entré dans l’histoire, von Luckner recevra, en 1936, le privilège de faire partie de « l’Amicale des  Cap-horniers » qui honorait  ceux qui avaient doublé le cap à bord de voiliers.

Sur la photo on voit le comte à Paris( au centre de la photo) dans les années ’60 en compagnie de M. Van Hulpen (Hollande) ; le commandant Bourge (France) ; M. Feuga (France) et M. Holden (Grande-Bretagne).

Lueckner

14:09 Écrit par sweetcricri dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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