• Le Passé

    LePassé

     

    Le Passé.

     

    « Le Passé » était la revue du Cercle d’Histoire et d’Archéologie de Pont-à-Celles dont le n° 1 paru en juin 1963 pour se terminer  en avril 1971 avec le n° 40.

    Dans le n° 10 de décembre 1964 débute la relation des combats d’août 1914 dans l’entité.

    Le 20 août arrivent quelques 1500 fantassins  français accompagnés de cavaliers dont 120 cuirassiers et 4 canons.

    Ils s’installent derrière le canal  qui traverse la localité.

    Le premier contact a lieu  le 21 vers 7h30 près du cimetière de Pont-à-Celles.

    Les pertes allemandes sont assez conséquentes dues surtout aux  4 canons embusqués dans les taillis qui bordent la chaussée de Brunehault.

    Vers 13.00 sous la poussée constante des Allemands les Français  doivent  se replier vers Courcelles et Gouy-lez-Piéton.

    Profitant de l’obscurité hommes et chevaux s’en vont vers Anderlues où beaucoup trouveront leur destin lors de la Bataille de Collarmont.

    Dans son livre « Journal d’un officier de cavalerie » le Chef d’Escadron Ouy-Vernazobres  écrit :

    Courcelles le 21 août.

    Aujourd’hui nous dit-on, repos ; évacuez les chevaux inutilisables.  Ce mot  nous porte la guigne ! Nous déjeunions lorsque le canon se met à tonner à quelques kilomètres vers Luttre ( qui fait partie de l’entité de Pont-à-Celles ).

    Alerte, cris, bousculades ; on prend des positions de combat à pied que l’on garde jusqu’au soir, puis nous nous retirons.

    Quelle nuit ! On marchait pendant quelques mètres et on s’arrêtait.  On dort  debout ; les chevaux ralentissent ; ceux qui suivent se cognent le nez contre la croupe de ceux qui précèdent et s’arrêtent.  Ce sont des à-coups formidables et incessants.  Quant on met pied à terre, les hommes s’affalent, s’accroupissent, s’allongent, se pelotent entre les jambes de leurs chevaux sur la route.  Les officiers, privilégiés, ont le seuil des portes.  Le Général de Brigade dort debout, les coudes appuyés sur une fenêtre, la tête entre les mains.  Pas un bruit, pas un souffle.  Et ce spectacle d’hommes et de chevaux dormant emmêlés, écrasés de sommeil a quelque chose de fantastique.

     

    C’est ainsi que d’achève cette journée du 21 à Pont-à-Celles.  

     

    D’après l’auteur du texte dans « Le Passé » : « Trois français seulement sont tombés sur le champ de bataille.  Deux furent tués par les balles ennemies, le troisième se noya accidentellement d’une façon triste et sans gloire : en se sauvant  en vélo par le pont du chemin de fer.  Il tomba dans le canal à cause qu’on avait enlevé des traverses.

    On le retrouva huit jours plus tard, placé debout contre les piles du pont ».

     

    En 1963 les témoins de la tragédie de 14 ne manquent pas : «  Fernand Gilles allant à la pêche était présent quand on retrouva ce malheureux ; « c’était affreux, j’en devenais malade ».

     

    On lit encore dans ce texte :

    « Deux de ces Français reposent au cimetière de Pont-à-Celles : Albert Pierre, cycliste de la garnison de Versailles et Maurice Leclercq milicien de la classe de 1912. Zéphir de Neuville (4ème régiment de cuirassiers, à Rebreuville, Pas-de-Calais).

     

    Je me suis rendu au cimetière communal pour y trouver ces tombes qui n’y sont plus.

    Plusieurs  personnes interrogées m’ont affirmé que dans les années ’50 l’armée Française était venue rechercher ses soldats.

     

    Ces gens  dont certains ont maintenant  la septantaine m’ont également dit  « il y avait bien une trentaine de cercueils »

     

    Qui étaient-ils ?

     

    Comme dit plus haut, il n’y a plus de tombes mais un monument où sont gravés quatre noms et pas trois  car aux trois premiers cités s’ajoute Louis Batardy  sans date de décès.  

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  • Le Génie Militaire Belge

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    Le génie militaire belge s’est particulièrement développé au cours de la première  guerre mondiale.

    L’Asbl du Musée du Génie a réalisé quelques ouvrages particulièrement intéressants sur la question notamment « Le Génie pendant la Première Guerre Mondiale (1914-1918) et l’entre-deux guerres jusqu’en 1939 » qui va de l’organisation de l’Armée Belge et du génie à la veille du 04 août 1914 jusqu’à la fin de la guerre, l’occupation de la Rhénanie et de la Ruhr. En passant  par la Compagnie d’Aviateurs (la Force  Aérienne était une composante du Génie)  jusqu’à la Compagnie des Aérostiers.

    Cette brève présentation de cet écrit sur lequel on reviendra  me permet de vous présenter quelques photos réalisées il y a quelques jours au Musée du Génie.

    Parmi les centaines de pièces exposées on peut y voir  bonnet à floche d’officier, giberne, « art des Tranchées », manuels..etc..

     

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  • Visite au fort de Liezele

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    Bien avant 14 soit en 1859 le gouvernement belge décide de la construction d’un « réduit national » inexpugnable où l’armée belge se réfugierait en dernier ressort.

    C’est la  région anversoise qui est choisie et une première ceinture de 8 forts est construite.

    En 1906 la défense d’Anvers est complétée par la construction de nouveaux forts dont celui de Liezele.

    Août 1914 : après la chute de Liège les troupes belges se replient sous Anvers.

    Les Allemands ne font tout d’abord que tâter les positions et n’attaquent celles-ci que suite aux déconvenues de la Bataille de la Marne.

    Après de sérieux bombardements avec des calibres de 30,5 et 42 cm contre des forts prévus pour résister jusqu’aux calibres de 27 cm  la fin est inéluctable et l’armée belge abandonne Anvers.

    Le fort de Liezele est excentré par rapport à l’offensive allemande et il ne subit ses effets que début octobre mais uniquement avec de l’artillerie de campagne qui lui cause peu de dégâts.

    L’armée belge ayant évacué Anvers le fort se trouve isolé.

    Le 10 octobre le commandant Fièvez responsable du fort voulant éviter un inutile bombardement d’Anvers vide de  troupes décide de rendre le fort non sans s’être encore battu les 7 et 8 octobre contre des forces nettement supérieures.

    Après la guerre, le commandant Fiévez est traduit en cour martiale pour cette reddition mais est finalement acquitté après examen des journées précédentes où il soutint l’assaut des forces allemandes.

    Pendant la guerre le fort est occupé par des hommes de la Fussartillerie composée presqu’uniquement de réservistes.

    A l’entrée du fort on remarque une plaque de tests  qui était utilisée pour constater les effets des différents projectiles alors en usage sur les cuirasses des forts. 

    Des voies ferrées à faible écartement  courent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du fort.

    Sur les murs des inscriptions en grands caractères  servent à guider les soldats à l’intérieur du labyrinthe de couloirs qui mènent aux chambres, aux douches, cuisines, latrines et cachots.

    En août 1914 le fort était occupé par la 15e Batterie d’Artillerie de Forteresse.

    Au moment de l’offensive  quelques 300 hommes vivaient dans ce fort .

    On trouve encore là de très belles vitrines montrant les différents équipements des belligérants tant en 1914 qu’en 1940 car le fort fut réarmé lors du deuxième conflit mondial.

    Un film (en néerlandais) retraçe les principaux épisodes de l’invasion de la Belgique jusqu’à la prise du fort en octobre 1914.

    Le fort  est entouré d’eau dans laquelle semble abonder le poisson au vu du nombre de pécheurs.

    Fort et environnement sont dans un état d’entretien impeccable.  

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  • Retour à Tarcienne

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    Je suis retourné à Tarcienne là où dorment de leur dernier sommeil  Français et Allemands  tombés, pour la plupart, lors de la Bataille de Charleroi.

    On eut pu croire que le repos de ces  braves soit  entouré de respect.

    Quelle ne fut pas ma surprise en voyant ces lieux  tagués par des malfrats sans envergure à l’imagination stérile si l’on en juge par les barbouillages sans forme dont ils ont revêtu certains monuments.

    L’endroit étant complètement isolé la lâcheté de leur acte en est encore plus pitoyable face à la bravoure de ceux-là qui les regardent derrière leurs croix.

    Le Prince Friedrich de Saxe-Meiningen échappe à ces horreurs car si une stèle rappelle son décès à Tarcienne le 23 août 1914 son corps repose au Cimetière du Parc à Meiningen.

    Pratiquement tous les soldats enterrés là furent tués les 23 et  24 août.  Les morts en date du 25 sont plus rares.

    Il y a  un  soldat Russe qui dort là ! Etrange !

    L’identité de certains est douteuse et ils sont alors « présumés » s’appeler Untel.

    Je me demande s’il y eut des cas où le « présumé » n’était pas celui-là ?

    Ce sont les gens du 4e Zouaves qui semblent avoir payé le plus lourd tribut avec ceux des 5 R.I. et  du 4e R.T.A.

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