19/06/2010

Albert 1er et le gouvernement Broqueville 14-18

Brogqueville

L’auteur en bon historien ne rapporte un événement qu’après en avoir vérifié auprès de sources fiables sinon écrites la véracité multipliant les renvois à des notes qu’il faut consulter en fin de volume ce qui est d’ailleurs agaçant.

Quoiqu’il en soit l’ouvrage est intéressant.

Il relate les avatars du gouvernement  belge pendant la guerre  et casse  l’imagerie d’Epinal généralement répandue depuis près  de cent ans en dévoilant la division qui partageaient déjà  Flamands et Wallons.

Rappelant Août 14 l’auteur  évoque l’armée belge et  écrit  « Voici le milieu dans lequel s’intègrent avec beaucoup de patriotisme les appelés et les volontaires wallons et flamands.

Bientôt ces derniers vont constater une chose épouvantable : pour obtenir des avancements – et un avancement signifie souvent une possibilité d’éloignement du front donc une chance de sauver sa vie – il faut posséder la langue française.  Que ce soit pour intégrer les armes spéciales : artillerie, communication, aviation où la terminologie est exclusivement française (… )».

Après l’arrêt des troupes allemandes sur l’Yser les soldats belges vivent à l’étroit  toutes couches de la population confondues.  Les intellectuels flamands sont au contact de la troupe.  Ils constatent, ils interrogent et  font comprendre l’iniquité de la situation.

Un activisme latent règne dans tous les régiments.

Le 13 janvier 1916 le ministre Broqueville adresse une circulaire « concernant l’emploi de la langue flamande par les officiers » dans laquelle il rappelle « que les communications à la troupe doivent être faites dans les deux langues nationales et il les encourage à s’entretenir avec les hommes dans leur langue ce qui ne peut  que favoriser la bonne entente ».

Le soldat flamands manifestaient souvent par groupes « généralement de 100 à 400 désarmés mais munis de bâtons qui scandaient les slogans convenus et se disloquaient dans le calme avant que les forces de l’ordre ne puissent intervenir. Au passage les manifestants ne craignaient pas de se servir de leurs bâtons contre les opposants : des gendarmes ou même des officiers. Mais le général Jacques parvint à disloquer une telle manifestation en braquant sur elle les projecteurs anti-aériens ». 

Beaucoup de  manifestants furent traduits devant le Conseil de Guerre.

Le « Procès de la 6eme Division d’Armée » en est un des exemples le plus éloquent  au cours de celui-ci  « les droits de la défense furent tellement bafoués  par exemple en empêchant les avocats de la défense d’arriver à La Panne  que l’Opinion Wallonne elle-même protesta ».

A la libération de la Belgique  les « Conversations de Loppem » mirent en échec les aspirations flamandes.

Aujourd’hui la Belgique semble n’avoir toujours pas résolu son problème communautaire.

 

L’auteur de l’ouvrage, Luc Schepens, est Chef de Travaux à la Province de la Flandre Orientale  et  il serait peut-être intéressant de connaître l’opinion d’un historien wallon sur le sujet.                 

23:59 Écrit par sweetcricri dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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