• Vers L'Avenir Novembre 1918

    VersAvenir

    Si cet exemplaire du journal Vers l’Avenir porte le n° 1 il n’ est cependant que la continuation d’un quotidien beaucoup plus vieux  qui s’appelait « L’Ami de l’Ordre ».

    Une feuille catholique namuroise qui paraissait depuis 1839.

    Ce mardi 19 novembre 1918, un journaliste relate l’entrée, la veille,  des troupes belges dans Bruxelles.

    C’est la brigade des Guides qui arrive en avant-garde pour prendre possession des gares et les sécuriser car les Allemands en retraite y ont fait sauter des trains de munitions ce qui a causé énormément de dégâts ainsi que de nombreuses victimes civiles.

    A peine arrivées les troupes du génie doivent déminer le Palais de Justice dans lequel les Allemands ont disposé quantités d’explosifs qu’ils n’ont heureusement pas eu le temps de mettre à feu.

    Gares et bâtiments sécurisés les 1er et 2ème  régiments de Guides défilent dans la ville suivis de compagnies cyclistes.

    On lit d’autre part que le Parquet procède à l’arrestation de journalistes qui ont prêté leur plume à l’occupant : Hutt et Gesquière de « La Belgique », Ghislain  directeur « d’un organe de chantage »  qui s’appelait « l’Echo »..etc..

    Le matériel d’imprimerie des journaux  « Le Bruxellois », « Le messager de Bruxelles » et de « La Belgique » sont séquestrés et placé jusqu’à nouvel ordre sous la surveillance de la police communale.

    On lit encore que l’armée belge va occuper un secteur du territoire allemand « que les Alliés doivent garder durant l’armistice ».  Ce sera probablement Aix-la-Chapelle et les environs de cette ville.

    Le journal se vend 10 centimes mais ce n’est comme l’annonce la rédaction que provisoire car « le prix du papier et des diverses matières premières qui est maintenant excessivement élevé, devant se régulariser sous peu, nous fixerons à bref délai le prix de l’abonnement.

    Jusqu’alors le journal sera vendu au numéro ».       

  • Albert 1er et le gouvernement Broqueville 14-18

    Brogqueville

    L’auteur en bon historien ne rapporte un événement qu’après en avoir vérifié auprès de sources fiables sinon écrites la véracité multipliant les renvois à des notes qu’il faut consulter en fin de volume ce qui est d’ailleurs agaçant.

    Quoiqu’il en soit l’ouvrage est intéressant.

    Il relate les avatars du gouvernement  belge pendant la guerre  et casse  l’imagerie d’Epinal généralement répandue depuis près  de cent ans en dévoilant la division qui partageaient déjà  Flamands et Wallons.

    Rappelant Août 14 l’auteur  évoque l’armée belge et  écrit  « Voici le milieu dans lequel s’intègrent avec beaucoup de patriotisme les appelés et les volontaires wallons et flamands.

    Bientôt ces derniers vont constater une chose épouvantable : pour obtenir des avancements – et un avancement signifie souvent une possibilité d’éloignement du front donc une chance de sauver sa vie – il faut posséder la langue française.  Que ce soit pour intégrer les armes spéciales : artillerie, communication, aviation où la terminologie est exclusivement française (… )».

    Après l’arrêt des troupes allemandes sur l’Yser les soldats belges vivent à l’étroit  toutes couches de la population confondues.  Les intellectuels flamands sont au contact de la troupe.  Ils constatent, ils interrogent et  font comprendre l’iniquité de la situation.

    Un activisme latent règne dans tous les régiments.

    Le 13 janvier 1916 le ministre Broqueville adresse une circulaire « concernant l’emploi de la langue flamande par les officiers » dans laquelle il rappelle « que les communications à la troupe doivent être faites dans les deux langues nationales et il les encourage à s’entretenir avec les hommes dans leur langue ce qui ne peut  que favoriser la bonne entente ».

    Le soldat flamands manifestaient souvent par groupes « généralement de 100 à 400 désarmés mais munis de bâtons qui scandaient les slogans convenus et se disloquaient dans le calme avant que les forces de l’ordre ne puissent intervenir. Au passage les manifestants ne craignaient pas de se servir de leurs bâtons contre les opposants : des gendarmes ou même des officiers. Mais le général Jacques parvint à disloquer une telle manifestation en braquant sur elle les projecteurs anti-aériens ». 

    Beaucoup de  manifestants furent traduits devant le Conseil de Guerre.

    Le « Procès de la 6eme Division d’Armée » en est un des exemples le plus éloquent  au cours de celui-ci  « les droits de la défense furent tellement bafoués  par exemple en empêchant les avocats de la défense d’arriver à La Panne  que l’Opinion Wallonne elle-même protesta ».

    A la libération de la Belgique  les « Conversations de Loppem » mirent en échec les aspirations flamandes.

    Aujourd’hui la Belgique semble n’avoir toujours pas résolu son problème communautaire.

     

    L’auteur de l’ouvrage, Luc Schepens, est Chef de Travaux à la Province de la Flandre Orientale  et  il serait peut-être intéressant de connaître l’opinion d’un historien wallon sur le sujet.                 

  • La Belle Motte et la Bataille de Charleroi.

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    « Dès le début notre artillerie affirma sa supériorité sur les pièces allemandes et la terreur que notre 75 inspira aussitôt aux barbares fait son meilleur éloge »

    Ces  commentaires aux images naïves consacrées à la Bataille de Charleroi  et parues dans un journal de l’époque  ne devaient guère éclairer le lecteur sur la situation réelle et certainement pas sur le nombre de victimes laissées autour de Charleroi par les armées françaises.

    Une petite visite au cimetière de La Belle Motte donne une idée de ce que fut l’hécatombe.

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    4057 soldats français sont enterrés là.

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    Certains n’ont plus de noms d’autres ont une identité incertaine tandis plusieurs milliers anonymes s’entassent dans deux ossuaires.


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    La tombe 1139 porte un nom. C’est celle du sapeur du 3ème Génie Taffin Louis Henri membre d’une  famille particulièrement éprouvée lors de ce conflit car  peu après qu’il fut lui-même atteint d’une balle à la tempe aux combats de Sart Saint-Laurent le 23 août 1914 son frère aîné Jean-Baptiste est mortellement blessé le 9 septembre à Hudiviller.  Moins d’un an plus tard c’est son autre frère, Paul, qui décède de ses blessures à  Angres le 8 juillet 1915 !

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    La date du décès du caporal du 3e BCP Luddens Arthur mort le  3 novembre 1918 semble anachronique  au regard de tous ces soldats morts les 22 ou 23 août 1914.

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