• La BD aussi : Guynemer.

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    Guynemer sera le sujet de nombreuses bandes dessinées.

    Ici le scénariste M. Dusart  décrit les débuts difficiles de l’as français.

    M. Venazi le dessinateur illustre l’ajournement de Georges pour « faiblesse de constitution ».

    Le 22 novembre 1914 grâce au bon vouloir du capitaine Bernard - Thierry notre héros est recruté comme mécano.

    Emploi qu’il n’exercera pas longtemps puisque toujours suite à l’intervention de ce même officier il part à Pau pour y apprendre les rudiments du pilotage.

    L’histoire se termine sur la première victoire de Guynemer non sans être passé par une série de « cassage de bois » dont, paraît-il,  le futur as était coutumier.

    L’histoire est accompagnée d’un bel article intitulé « Comme au temps des Chevaliers »rédigé par le même scénariste Michel Dusart. 

  • La BD aussi - Le Viribus Unitis

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    La BD aussi.

     

    Les scénaristes de la bande dessinée ont largement puisé dans l’histoire de la 1ère guerre mondiale.

    Ainsi cette « histoire complète » parue dans le Tintin n° 16 lors de sa 15e année de parution.

    Ecrite par Yves Duval conteur infatigable que j’ai eu le grand bonheur de fréquenter souvent et dessinée par JL Fernon elle raconte l’histoire des Commandant Paolucci et major Rossetti qui montés sur une torpille pénètrent dans le port de Pola le 1er novembre  1918 et placent une mine contre la coque du navire amiral autrichien le Viribus-Unitis.

    Ils sont capturés  peu après la pose de leurs engins.  Emmenés à bord et sachant qu’il reste très peu de temps avant l’explosion ils préviennent le commandant du navire de ce qu’il doit faire procéder à l’évacuation de son bâtiment.

    Ils survivent à la guerre et outre la Médaille de la Bravoure reçoivent une dotation de 650.000 livres
  • Médaille de la Reconnaissance britannique.

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    Dans le Patriote Illustré du 12 mars 1922 on découvre la photo de la Médaille de la Reconnaissance Britannique dont le Roi George V vient d’approuver la frappe.

    Elle sera en argent ou en bronze et conférée aux civils belges et français qui « au péril de leur vie » ont secouru des soldats britanniques isolés à l’arrière des lignes ennemies.

    A l’avers on trouvera l’effigie du roi et au revers une femme symbolisant l’humanité penchée vers un soldat britannique casqué.

     

    Ce même numéro dévoile le monument que le statuaire gantois A. De Beule a réalisé et que la ville de Tournai inaugurera le 13 août 1922.

    Réalisé en granit belge et bronze son groupe central représente la Patrie en deuil ouvrant ses bras aux 385 héros que Tournai lui a laissés.  Les noms de ces martyrs seront gravés sur le monument.

     

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  • Les Crimes des Conseils de Guerre

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    C’est un ouvrage écrit  en 1922 par l’Association Républicaine des Anciens Combattants et édité par les Editions « Clarté » à Paris-VIe.

    Le livre est préfacé par Henri Barbusse qui est l’auteur de « Le Feu » récompensé par le prix Goncourt et dont  les couvertures originales ont été montrées ici.

    Autre personnage important  qui prête sa plume pour une seconde préface : Henry Torrès, figure emblématique de la gauche.  Il est avocat et journaliste.

    On relate ici les excès et les crimes (le mot est juste) de certains responsables d’unités françaises.

    Pour ce faire l’Association  citée plus haut se base sur des témoignages "irréfutables".

    Il y a sans doute des milliers de cas mais on n’en relate que quelques uns comme celui des Lieutenants Herduin et Milan.

    Le 8 juin 1916, le 5e bataillon du 347e régiment d’infanterie est en ligne dans le sous-secteur de Thiaumont (Verdun) qui subit une attaque d’une violence extrême.  Dès 8 heures du matin, le commandant du bataillon, Deverre, est fait prisonnier. 

    Malgré la mitraille et le fait qu’elle soit esseulée la 17e compagnie conserve ses positions.

    Elle est bientôt réduite à 19 hommes.  Elle tient jusqu’à la nuit.

    Les autres compagnies se sont repliées et l’artillerie française certaine de la perte totale de la position bombarde les survivants à coups de 155.

    Les lieutenants Herduin et Milan  coupés de toute communication rendent compte au 293e d’infanterie qui se trouve sur leur gauche.  Le colonel du 293e leur donne un sauf-conduit et le 9 juin au matin les rescapés arrivent à la caserne Anthouars à Verdun.

    Ils y restent deux jours se remettant péniblement de leurs émotions.

    Le lieutenant Herduin écrit à sa femme le 10 juin « Je pense avoir une permission bientôt… Je suis encore abasourdi de tout ce que j’ai vu…Il faut encore quelques jours pour s’en remettre ! ».

    Le 11 à 9 heures du matin Herduin et Milan arrivent à Fleury fiers de ce qu’ils avaient accompli.

    Un ordre de la brigade les a précédés : « Faire fusiller immédiatement les deux officiers ».

    Motif « abandon de poste devant l’ennemi ».

    Herduin envoi son ordonnance, le soldat Emile Lagardez,  auprès du colonel Bernard avec une lettre demandant des explications. Le colonel refuse de la lire et répond par un ordre très sec « Pas d’observation, exécution immédiate ».

    Le même jour à 15 heures ils sont fusillés sans jugement.   

    Après la guerre la veuve du lieutenant Herduin se bat pour la mémoire de son mari.

    Le 29 décembre 1919, le capitaine chef du bureau spécial du 347e répond  « les archives du corps nous interdisent de préciser le genre de mort du sous-lieutenant Herduin ».

    Au Ministère de la Guerre c’est en vain que l’on cherche le dossier qui n’existe pas puisqu’il n’y a pas de jugement !

    Et lorsque à bout de patience la veuve dépose plainte  contre le colonel Bernard celui-ci répond « Vous m’accusez ? Pardon ! Je suis couvert par mon chef hiérarchique.  J’ai rendu compte. ».

    Le général Boyer impliqué dit « Pardon ! Mon chef immédiat, le général Lebrun n’ignorait rien.  J’ai rendu compte ».

    Lebrun dira « Ah ! Non ! Pardon ! Je suis couvert par le haut commandement les généraux Joffre et Pétain ».

    On n’ira pas plus loin.

    L’ouvrage relate encore de très nombreux cas comme ceux des fusillés du 327e, le meurtre du soldat Sauter, l’affaire Leymarie, la tuerie de Prouilly jusqu’aux Aveux du général Rabier en passant par l’affaire de l’officier dément qui fait fusiller un de ses hommes.

     

    « Et après une cérémonie longue et méticuleuse comme une messe le régiment regagnait son cantonnement en laissant les poteaux qui se cramponnaient à des cadavres, lorsque tant de soldats français ont on ne saura jamais le nombre immense étaient broyés par les balles des soldats français ».