• La BD aussi : Zeebrugge

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    Dès 1959 avec son numéro « 0 » le magazine Pilote publie une grande double page au centre de chaque numéro. Ce sont les « Pilotoramas » qui vont durer jusqu’au n° 561 de 1970.

    Les  « pilotoramas »  se consacrent aux sujets les plus divers mais toujours vus sous un angle éducatif.

    La guerre 1914-1918 fera l’objet  de 6 (je puis me tromper) doubles pages dans Pilote soit

    N° 78 (Zeebrugge) ;

    N° 102 (Zeppelins & Blimps) ;

    N° 103 (Aux Dardanelles) ;

    N° 130 (le fort de Vaux) ;

    N° 370 (Aviation 14-18) ;

    N° 470 (1918 l’Armée de la victoire).

     

    Le n° 78  est consacré à l’embouteillage du port de Zeebrugge lors de l’attaque nocturne des 22 au 23  avril 1918.

    Cette action avait pour but d’interdire la sortie des sous-marins qu’abrite la base allemande.

    On connait l’action du vieux croiseur Vindictive qui débarque ses hommes sur le môle : ceux-ci  se battent avec un héroïsme flamboyant permettant aux navires bloqueurs l’Intrepid et l’Iphigénia de se saborder dans le chenal.

     

    L’affaire conclue,  le Vindictive reprend ses soldats et repart pour l’Angleterre.

     

    Le vieux rafiot ne goutera cependant pas une retraite paisible puisqu’il sera sacrifié lors de l’affaire d’Ostende en mai 1918.  

     

    Avec le Pilotorama le néophyte découvre la jetée et les navires qui s’y sont accostés Vindictive, Daffodil et les autres.  Des illustrations montrant les uniformes des belligérants tant allemands qu’anglais.  Un descriptif des sous-marins et de ses torpilles.

     

    Rien qu’à regarder cette illustration et ses explications le lecteur de l’époque savait ce qu’avait été cette bataille.

  • J'étais médecin dans les tranchées

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    Tout au long de la guerre le médecin Louis Maufrais consigne dans des carnets les événements qu’il vit.

    Il projette une fois sa vie professionnelle terminée d’en faire un livre mais sur la fin de son existence il devient aveugle et l’ouvrage ne peut être écrit.

    C’est à un magnétophone qu’il confie alors ses mémoires.

    16 cassettes qui dorment au fond d’un tiroir jusqu’à ce que sa petite fille les écoute et les transcrit en un livre passionnant.

    Louis n’a pas terminé l’internat lorsqu’il reçoit son ordre de mobilisation et rejoint le dépôt du 136e régiment d’infanterie à Saint Lo.

    Affecté à la 27e compagnie il y apprend le maniement des armes soit le fusil Lebel qui n’est cependant pas en nombre suffisant et il perçoit un fusil Gras datant de 1870 dans lequel il glisse des cartouches en bois.

    Nommé Médecin Auxiliaire il est envoyé à Coëtquidam  où il est incorporé au dépôt du 94e R.I.

    Trois jours plus tard il part en Argonne rejoindre le 2e bataillon du 94e qu’il ne quittera plus qu’une fois nommé Médecin Aide-Major du 1er bataillon de ce même 94e.

    Il est de tous les combats soignant les blessés sous le feu de l’ennemi

    En Argonne, ç Bagatelle, en Champagne, au Bois Vauban, à Verdun, au Mort-Homme, en Lorraine, dans la Somme. À Berry-au-Bac jusqu’à la victoire qui le trouve à l’ambulance n° 10 située dans un asile d’aliénés près d’Amiens.

    Un ouvrage très intéressant admirablement bien écrit et une source de documentation.

     

    Louis Maufrais et Martine Veillet – Ed. Robert Laffont.

     

    N.B. : les photos ont été prises au Musée du Corps de Garde à Maubeuge dont nous parlerons   l’une de ces prochaines fois. 

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  • Aviation - Public Warning

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    Les cieux de guerre étaient jusqu’à présent vides mais voici qu’apparaissent les guerriers du ciel.

    Les Anglais informent le public de ce qu’il y a lieu de faire lors de l’apparition  d’avions ou de dirigeables. 

    On peut  traduire ainsi le document :

     

    « Le public est appelé à se familiariser avec l’apparence des aérostats et avions britanniques et allemands ceci afin qu’il ne soit pas alarmé par les avions anglais et  se mette à l’abri à l’apparition d’avions allemands. Dès que survient un  avion hostile  mettez-vous à l’abri immédiatement dans la maison la plus proche  de préférence à la cave et restez-y jusqu’à ce que l’avion ait quitté le voisinage : ne restez pas groupé et ne touchez pas aux bombes non explosées.

    Dans le cas de repérage d’un avion hostile les autorités navales, militaires et policières doivent être avisées immédiatement par téléphone du moment de son  apparition, de la direction du vol et s’il s’agit  d’un ballon d’un dirigeable ou un aéroplane.

     

    Suit alors une série de silhouette représentant les allemands et les britanniques avec pour les dirigeables un nouvel avertissement « notez spécialement la forme du dirigeable et la position de la nacelle »

  • Mort du Père la Victoire

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    Dans son numéro du 8 décembre 1929, Le Petit Journal consacrait une grande part au décès de celui que la France entière appelait « Le Père la Victoire »  ajoutant « Ce nom, entre tous glorieux, c’est celui que gardera dans l’Histoire le grand homme d’état qui vient de disparaitre. Tant qu’il y aura une France, ce nom que la reconnaissance publique donna à Georges Clemenceau, vivra dans la mémoire de tous les Français ».

    Ah oui ?! Je me demande qui sait encore qui était ce bonhomme.

    Le journaliste qui s’appelait Jean Lecocq n’avait pas peur de verser dans une grandiloquence héroïco-comique  en  écrivant :

    (…) Clemenceau se rendait aux tranchées (…) Clemenceau marchait de l’avant sans souci du péril.  Le général l’arrête lui reprochant son imprudence :

    -         Mais vous allez vous faire tuer, monsieur le Président !

    -         Je m’en f.. je suis assez vieux pour faire un mort, répond le « Tigre ».

    Et, tout seul, il saute dans un poste d’écoute, éloigné de quelques mètres à peine d’un poste ennemi.

    Un homme est là.

    -         Et bien mon vieux çà va ? lui demande Clemenceau.

    Mais le poilu n’est pas de bonne humeur.

    -         Ta gu… ! répond-il à voix basse.

    Et il envoie un coup de poing à l’intrus.

    Le « Tigre » a chancelé.  Le poilu se précipite : il a reconnu le Président et voudrait s’excuser.  Mais Clemenceau lui ferme la bouche et le prenant à pleins bras, il le serre tout joyeux dans une fraternelle étreinte. ».

    Et ben !