17/11/2010

Le Fort d'Emines

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L’ouvrage « Les Forts d’Emines et de Cognelée » figure depuis quelques temps dans ma bibliothèque.

On ne visite pas car ces domaines ont  été vendu au plus offrant  et sont devenus  propriétés privées.

Or ce 11 novembre le fort d’Emines était ouvert exceptionnellement au public grâce  tant au travail d’une poignée de bénévoles de la Mémoire rurale de La Bruyère mais  aussi et surtout grâce à l’autorisation de visite accordée par le propriétaire des lieux.

Le fort d’Emines fait partie de la position fortifiée de Namur.

Il occupe l’intervalle entre les forts de Cognelée  et de Suarlée respectivement distants de 3.375   et 4.150 mètres.

Deux dates encadrent la poterne d’entrée : 1888 qui est celle du début des travaux et 1891 qui est celle de la réception.

Trois ans pour la réalisation d’un tel ouvrage c’est peu étant donné les moyens de l’époque.

Le fort comme on le voit sur le plan réalisé lors des Journées du Patrimoine 2007 adopte la forme d’un triangle.

Au moment de la déclaration de guerre sa garnison  était forte de 210 artilleurs épaulés par  90 fantassins.

L’armement se composait d’une coupole pivotante avec canon de 120 (n° 9 sur le plan), une coupole pivotante avec 2 canons 150 au sommet de l’ouvrage (n° 12 sur le plan) et en tête du massif central une coupole pivotante avec 1 obusier de 210.  L’artillerie était complétée par des canons  de 57  judicieusement disposés tant dans le massif central qu’à d’autres endroits névralgiques.

Une fois la poterne franchie on se trouve dans le fossé intérieur qui pouvait lui aussi être battu par le feu d’un 57.  Au bout  un piège à obus.

Partout des meurtrières permettant le tir d’infanterie ou au canon rapide.

Cette partie abrite les locaux destinés à la garnison.

L’entrée du massif central est elle aussi protégée par un canon de 57.

Dans celui-ci s’échelonnent : salle de rassemblement qui étant donné ses dimensions ne pouvait certainement pas accueillir les 300 hommes de l’équipage ; salle des officiers ; bureau de tir qui est le centre nerveux de l’ouvrage.  Les soldats ont décorés les murs de fresques représentant des balustrades pour donner un semblant de gaité à cette pièce sans fenêtre.

Et puis il y a la poudrière.  Un endroit sec même après tant d’années. Un courant d’air circule dans la galerie construite tout autour.  La poudre (noire au début) y était stockée.  Des planchers en bois posés sur le sol empêchaient la moindre étincelle.  L’éclairage était fourni par des bougies ou des lampes tempête  posées  dans des niches protégées par des carreaux.

Sur le mur de ce local des inscriptions faites par un soldat de Tournai prisonnier en 1940 et mis là au travail par les Allemands qui se servirent du fort comme dépôt de munitions au cours de la seconde  guerre mondiale. 

Une machine à vapeur de taille respectable animait une dynamo dont le but principal était de fournir du courant aux coupoles et au phare blindé. 

La machine fonctionnait au charbon dont les réserves sont encore visibles et en bon état.

En cas  de siège le fort devait se suffire à lui-même avec infirmerie, boulangerie et autres services nécessaires à la vie des soldats.

L’endroit est comme tous les ouvrages de ce genre une véritable termitière.  On monte, on descend, on tourne et on rencontre sans arrêt des couloirs, portes et embranchements.

J’imagine les hommes courant dans ce dédale faiblement éclairé par leur lampe tempête sous le martèlement des obus.

Le 23 août 1914 le fort subit un bombardement d’une rare violence.

Les coups  305 et 420 désagrègent la résistance.  Les coupoles sont mises hors de combat.  La galerie centrale se fend.

Toute résistance est impossible et à 16h30  c’est la reddition.  

 

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14:04 Écrit par sweetcricri | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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