11/01/2012

Le Camp de Minden

 

Dans les archives du musée une petite correspondance d’un soldat français interné au camp de Minden.

 

Minden  situé en Westphalie était à l’époque un centre de détention pour  prisonniers des nations  alliées en guerre contre l’Allemagne.

 

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Des Français notamment comme ce monsieur Girard qui devait être boucher dans le civil puisque sa correspondance est adressée à la boucherie tenue par son épouse ainsi qu’on s’en aperçoit au fils des mots.

 

Le premier écrit en notre possession est une carte est datée du 8 avril 1916.  Elle est rédigée sur le modèle réglementaire et porte les mentions « Gefangenenlager II Minden i. Westf. » soit qu’on peut en déduire qu’il est interné à Altdorf autre section de Minden.

 

Venait-il d’être amené là ? Y avait-il un changement de régime ?? Quoiqu’il en soit il annonce ici qu’il peut écrire quatre cartes et deux lettres par mois.

 

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Quelques jours plus tard, le 15 avril, il écrit en effet sa première lettre.  Il explique « la situation » soit qu’il se trouve à avec quelques amis Monge, Jules Rogiers, Joubert…et quelques autres dont les noms sont difficiles à déchiffrer.

 

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Il continue en annonçant qu’on peut lui envoyer « autant de colis qu’on veut ».

 

Il cite le prix payé pour le café (5 centimes) et pour la bière (15centimes la bouteille).

Pour la bonne compréhension de son épouse notre homme s’exprime en centimes alors qu’il a dû échanger ses francs contre des marks .. de camp. En effet il existe à Minden une sorte de banque qui s’occupe de l’argent des occupants.  Francs belges, français ou luxembourgeois et autres monnaies sont convertis en un argent qui n’a cours que dans l’enceinte du camp.

On en trouvera quelques exemplaires ci-dessous.

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Il fallait près d’un mois pour que la missive atteigne sa correspondante : écrite le 15 avril, elle passe à la censure le 28 avril pour être remise à Carpentras le 8 mai 1916.

 

Dans sa carte du 24 juillet 1916, il raconte qu’il y a eu distribution d’une provision de galettes pour les Belges et les Français. Une phrase est raturée par la censure.

La carte ne porte plus la mention Minden II mais simplement « Minden » comme toute la correspondance qui va suivre.

Un an plus tard il est toujours à Minden où il semble exercer sa profession de boucher puisqu’il écrit « yssi (sic) il fait froid mais mon travail metien (sic) au chaud sans trop de peine le matin en coupant la viande »

On suppose que c’est là qu’il verra la fin de la guerre.

 

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23:13 Écrit par sweetcricri | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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