18/11/2009

Retour au Miroir du 22 novembre 1914

PB185015

En fouillant mes caisses à la recherche d’informations pour étayer les carnets de guerre de Fernand Tonnet, j’ai exhumé l’Historique du 4ème Chasseurs à Cheval de 1913 à 2000 et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir dans les extraits du carnet de Campagne de Marcel Wolfers qui appartenait au 3ème peloton du 2ème Escadron du 4ème Régiment de Chasseurs à Cheval les notes suivantes :

5 Octobre : lors de l’entrée à Gand des soldats anglais nous donnent des cigares.

Le n° 52 du Miroir (…) reproduit une photo : 1) les cavaliers Jack Philippson et Duwée – 2) en arrière Roger Delrue (peloton deux par deux).

D’après Marcel Wolfers la même photo paraîtra dans une revue allemande avec la légende «  un cas de grande rareté : des soldats anglais tendent à des cavaliers belges, lors de leur marche vers le front des cigares ; en général les rapports entre soldats belges et leurs libérateurs sont mauvais ».

Lorsque j’écrivais  en juin (le 4-06-2009) « Je ne  pense pas que ces cavaliers belges soient des chasseurs à cheval mais plutôt des gendarmes », je me trompais.

4ChHistorique

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12/11/2009

Un Cavalier - 8

La vie dans les tranchées est éprouvante.

Par  terre rien  que  de la paille ou des branchages pour se garantir contre le froid et l’humidité.

Une protection dérisoire qui lorsqu’il pleut se transforme en bourbier et chaque pas arraché à la fange demande une dépense d’énergie qui fatigue.

Les hommes de faction observent la plaine inondée.  La pluie dégouline entre le cou et le col détrempé s’infiltrant jusqu’aux  sous-vêtements.

Les patrouilleurs qui se sont jetés au sol pour éviter d’être repérés se transforment en motte de boue en quelques instants.

Dans une note au G.Q.G. le général De Ceuninck  fait remarquer que les conditions de circulation sont déplorables si la pluie persiste plusieurs jours.

Sur la route, écrit-il, il y a une épaisse couche de boue qui pénètre dans tous les joints des chaussures ; dans les boyaux l’eau atteint parfois plusieurs décimètres de haut.  Il prônait la distribution d’excellentes paires de chaussures  abondamment graissées d’un produit de qualité.

Il préconisait la fourniture de bottes de caoutchouc aux hommes chargés de tâches particulièrement pénibles.

Le général n’a cependant  guère d’illusions quant à l’acceptation de ses demandes  aussi conclut-il :

« Pour circuler dans les tranchées boueuses et dans les prairies où se trouvent les batteries, la meilleures chaussure est encore le sabot.  Ces sabots pourraient faire partie du matériel en justification de façon à ne pas surcharger l’homme.  Par contre le fantassin serait muni d’une paire de chaussons en laine qu’il mettrait avant de chausser les sabots ».

Son vœu semble avoir été exaucé comme on le voit sur l’illustration ci-dessous.

Dans de telles conditions rien d’étonnant à ce que Fernand note le 27 janvier  « j’attrape un abcès au pied ».

L’hygiène étant un luxe impossible là-bas, il écrit le 28 janvier  « mon pied empire et gonfle »

Le 31 janvier « je vais au rapport et suis évacué d’urgence ».

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09/11/2009

Un Cavalier - 7

Pervysecarte

A partir du 21 novembre 1914, Fernand et ses compagnons sont casernés quelque part aux environs de Dunkerque.

Il n’écrit pratiquement rien  durant la période qui va de cette date jusqu’au 19 janvier 1915.

Ce jour-là il note « Départ aux tranchées.  Un éclat d’obus frôle ma tête ».

Le lendemain : « Ferme de Piquet au sud-ouest de Pervyse ».

Pour la première fois il connait le quotidien de ceux qui luttent dans le secteur depuis octobre « nous couchons sur des cosses de haricots  dans le voisinage des rats et des souris ».

Les luttes féroces  des mois précédents semblent terminées.  On ne se fusille plus à bout portant. Ce sont les artilleurs qui mènent le jeu .

Les obus de tous calibres pleuvent sur  le village hachant menu l’œuvre des hommes.

« L’église dresse encore un squelette de clocher semblant vouloir malgré tout défier la rage des hommes et leur montrer que là-haut se trouve celui qui tôt ou tard exercera toute justice ».

On verra ci-après une carte-postale d’époque montrant les ruines de cette église de Pervyse.

Pervyseruines

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05/11/2009

Un Cavalier 6

Mer

Un vent mauvais court sur les flots qui envahissent la plage à gros bouillons.

10 novembre « Patrouille de nuit à pied à Oostduinkerke (…) Nous passons  la nuit dans l’église (…) elle sert  de poste de garde, d’ambulance et … de morgue. L’on vient justement d’amener trois cadavres  parmi lesquels je reconnais un capitaine français (…) ».

On verra ci-après une carte d’époque  montrant les limites de l’inondation et le secteur dans lequel évolue Fernand.

15 novembre « J’ai fait une fameuse chute de cheval à Adinkerke.  Je regagnais ma ferme  après avoir patrouillé toute la journée : comme il pleuvait je mets mon cheval au galop. La route était glissante et à un tournant brusque mon cheval fauche et nous roulons au fond d’un fossé, moi sous lui (…) Je me suis dégagé tant bien que mal, ensuite j’ai aidé la bête.. ».

Il continue à patrouiller dans ce paysage désolé jusqu’au 21 novembre date à laquelle son escadron part pour cantonner dans un « faubourg de Dunkerque » ».

Inondations

À suivre

CarteInondation

 

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03/11/2009

Un Cavalier 5

Lanciers02

« 3 novembre, nous partons enfin pour le front ».

Il y a une quinzaine de jours on le considérait comme « archi-bleu » mais aujourd’hui il est jugé apte à remplir sa mission.

Il porte au côté le sabre du modèle des cuirassiers puisque le 4e Lanciers en est issu.

On voit ci-dessous  un exemplaire de cette « latte ».  C’est lourd ! Il fallait être sur son destrier que pour pouvoir la manier et frapper d’estoc.

Ce sabre me fut remis il y a près de quarante ans par un membre d’une famille dont le père était officier au cours de la Grande Guerre.

Elle porte au dos de la lame l’inscription Mfture Impale du Klingenthal Octobre 1842 (Manufacture Impériale du Klingentahl octobre 1842).  Était-ce une arme personnelle ?

Je n’ai jusqu’à présent pas pu déterminer qui fournissait les sabres des régiments de cavalerie lourde à l’armée belge. 

« 6 novembre, nous arrivons à La Panne (….) Nous sommes passés en revue par le général De Witte.  Je suis au premier escadron.(…).

Le général De Witte allait bientôt être anoblit suite à son action aux cours de la Bataille de Haelen en août 1914.

« J’ai du ce soir aller chercher des portes  et des cloisons de cabines pour construire une écurie pour mon cheval.  La mer est démontée.  Il fait glacial ».

On imagine que « les portes et cloisons » en question sont celles des jolies constructions multicolores qui abritaient  estivants et  jolies baigneuses au cours de l’été tout proche.

« 7 novembre.  Patrouilles à cheval en deuxième ligne  dans les dunes, routes et sentiers.  Il fait sibérien ».

 

Sabre Lanciers

 SabreLanciers2

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02/11/2009

Un cavalier (4)

Lanciers01

Le 16 octobre ceux que l'on appelle encore  « recrues »  quittent Adinkerke pour Loon-Plage. « L’Accueil des Français est délirant ».

19 octobre. « Je suis définitivement versé au 4e Lanciers. L’instruction finale sera assez dure me disent les anciens qui me considèrent comme un archi-bleu (….) ».

Le 4e Régiment de Lanciers est issu du 2eme régiments de cuirassiers constitué le 16 juin 1836.  Le colonel Delobel en est le premier Chef de Corps.  Le 1er janvier 1863, le 2ème Cuir change de nom et devient  4 Lanciers.

En 14, il fait partie de la deuxième brigade de cavalerie avec le 5e Lanciers.

Les Lanciers sont coiffés du schapska et porte un dolman bleu à parements bleu ciel.

Lorsque Fernand le rejoint le 4e Lanciers s’est déjà brillamment battu à Haelen,  le 12 août 1914.  Il y a gagné sa première citation. Il  a une conduite élogieuse sous Anvers avant de se retirer sur l’Yser.

L’insigne illustré ci-dessous n’était pas porté en 1914 mais après la seconde guerre mondiale.

Pour la petite histoire, il faut signaler que la devise « Quatre lances pas de quartier » n’a rien de féroce mais est une allusion au fait que lorsque le 4e Lanciers revint d’Allemagne où il stationnait  il n’y avait pas de quartier à Spa  où le loger !

4L

À suivre.

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30/10/2009

Un Cavalier (3)

Ostende-Phareb

« 8 octobre.  En route pour Ostende (…) Nous sommes cantonnés dans le quartier du phare ».

L’entraînement continue et Fernand est peu prolixe.

Il ne reprend  ses notes  que le 13 octobre : « En revenant du tir nous avons notre première émotion : un avion a lancé une bombe à 200 mètres du stand ».

Depuis quelques temps  la ville reçoit  la visite  de Zeppelins  ou d’avion lanceurs de projectiles. 

La première fois  c’était le 24 septembre 1914.  Ce genre de procédé a suscité la colère et l’indignation  générale.

L’Indépendance note dans son édition du 26 : « L’indignation est générale contre les Allemands coupables de ce monstrueux attentat et l’on espère qu’il sera vengé par les  excellents aviateurs attachés à la place d’Anvers ».

Le 15 octobre, les cavaliers quittent Ostende et prennent la route de Nieuport.  « (…) Il flotte du lugubre.  A gauche le canon tonne. (…) Un mot est sur toutes les lèvres mais personne n’ose le prononcer : Nous allons en France ».

Ostende-Bombes

 

À suivre.

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