10/07/2010

Médaille de la Reconnaissance britannique.

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Dans le Patriote Illustré du 12 mars 1922 on découvre la photo de la Médaille de la Reconnaissance Britannique dont le Roi George V vient d’approuver la frappe.

Elle sera en argent ou en bronze et conférée aux civils belges et français qui « au péril de leur vie » ont secouru des soldats britanniques isolés à l’arrière des lignes ennemies.

A l’avers on trouvera l’effigie du roi et au revers une femme symbolisant l’humanité penchée vers un soldat britannique casqué.

 

Ce même numéro dévoile le monument que le statuaire gantois A. De Beule a réalisé et que la ville de Tournai inaugurera le 13 août 1922.

Réalisé en granit belge et bronze son groupe central représente la Patrie en deuil ouvrant ses bras aux 385 héros que Tournai lui a laissés.  Les noms de ces martyrs seront gravés sur le monument.

 

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07/07/2010

Les Crimes des Conseils de Guerre

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C’est un ouvrage écrit  en 1922 par l’Association Républicaine des Anciens Combattants et édité par les Editions « Clarté » à Paris-VIe.

Le livre est préfacé par Henri Barbusse qui est l’auteur de « Le Feu » récompensé par le prix Goncourt et dont  les couvertures originales ont été montrées ici.

Autre personnage important  qui prête sa plume pour une seconde préface : Henry Torrès, figure emblématique de la gauche.  Il est avocat et journaliste.

On relate ici les excès et les crimes (le mot est juste) de certains responsables d’unités françaises.

Pour ce faire l’Association  citée plus haut se base sur des témoignages "irréfutables".

Il y a sans doute des milliers de cas mais on n’en relate que quelques uns comme celui des Lieutenants Herduin et Milan.

Le 8 juin 1916, le 5e bataillon du 347e régiment d’infanterie est en ligne dans le sous-secteur de Thiaumont (Verdun) qui subit une attaque d’une violence extrême.  Dès 8 heures du matin, le commandant du bataillon, Deverre, est fait prisonnier. 

Malgré la mitraille et le fait qu’elle soit esseulée la 17e compagnie conserve ses positions.

Elle est bientôt réduite à 19 hommes.  Elle tient jusqu’à la nuit.

Les autres compagnies se sont repliées et l’artillerie française certaine de la perte totale de la position bombarde les survivants à coups de 155.

Les lieutenants Herduin et Milan  coupés de toute communication rendent compte au 293e d’infanterie qui se trouve sur leur gauche.  Le colonel du 293e leur donne un sauf-conduit et le 9 juin au matin les rescapés arrivent à la caserne Anthouars à Verdun.

Ils y restent deux jours se remettant péniblement de leurs émotions.

Le lieutenant Herduin écrit à sa femme le 10 juin « Je pense avoir une permission bientôt… Je suis encore abasourdi de tout ce que j’ai vu…Il faut encore quelques jours pour s’en remettre ! ».

Le 11 à 9 heures du matin Herduin et Milan arrivent à Fleury fiers de ce qu’ils avaient accompli.

Un ordre de la brigade les a précédés : « Faire fusiller immédiatement les deux officiers ».

Motif « abandon de poste devant l’ennemi ».

Herduin envoi son ordonnance, le soldat Emile Lagardez,  auprès du colonel Bernard avec une lettre demandant des explications. Le colonel refuse de la lire et répond par un ordre très sec « Pas d’observation, exécution immédiate ».

Le même jour à 15 heures ils sont fusillés sans jugement.   

Après la guerre la veuve du lieutenant Herduin se bat pour la mémoire de son mari.

Le 29 décembre 1919, le capitaine chef du bureau spécial du 347e répond  « les archives du corps nous interdisent de préciser le genre de mort du sous-lieutenant Herduin ».

Au Ministère de la Guerre c’est en vain que l’on cherche le dossier qui n’existe pas puisqu’il n’y a pas de jugement !

Et lorsque à bout de patience la veuve dépose plainte  contre le colonel Bernard celui-ci répond « Vous m’accusez ? Pardon ! Je suis couvert par mon chef hiérarchique.  J’ai rendu compte. ».

Le général Boyer impliqué dit « Pardon ! Mon chef immédiat, le général Lebrun n’ignorait rien.  J’ai rendu compte ».

Lebrun dira « Ah ! Non ! Pardon ! Je suis couvert par le haut commandement les généraux Joffre et Pétain ».

On n’ira pas plus loin.

L’ouvrage relate encore de très nombreux cas comme ceux des fusillés du 327e, le meurtre du soldat Sauter, l’affaire Leymarie, la tuerie de Prouilly jusqu’aux Aveux du général Rabier en passant par l’affaire de l’officier dément qui fait fusiller un de ses hommes.

 

« Et après une cérémonie longue et méticuleuse comme une messe le régiment regagnait son cantonnement en laissant les poteaux qui se cramponnaient à des cadavres, lorsque tant de soldats français ont on ne saura jamais le nombre immense étaient broyés par les balles des soldats français ». 

   

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30/06/2010

Vers L'Avenir Novembre 1918

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Si cet exemplaire du journal Vers l’Avenir porte le n° 1 il n’ est cependant que la continuation d’un quotidien beaucoup plus vieux  qui s’appelait « L’Ami de l’Ordre ».

Une feuille catholique namuroise qui paraissait depuis 1839.

Ce mardi 19 novembre 1918, un journaliste relate l’entrée, la veille,  des troupes belges dans Bruxelles.

C’est la brigade des Guides qui arrive en avant-garde pour prendre possession des gares et les sécuriser car les Allemands en retraite y ont fait sauter des trains de munitions ce qui a causé énormément de dégâts ainsi que de nombreuses victimes civiles.

A peine arrivées les troupes du génie doivent déminer le Palais de Justice dans lequel les Allemands ont disposé quantités d’explosifs qu’ils n’ont heureusement pas eu le temps de mettre à feu.

Gares et bâtiments sécurisés les 1er et 2ème  régiments de Guides défilent dans la ville suivis de compagnies cyclistes.

On lit d’autre part que le Parquet procède à l’arrestation de journalistes qui ont prêté leur plume à l’occupant : Hutt et Gesquière de « La Belgique », Ghislain  directeur « d’un organe de chantage »  qui s’appelait « l’Echo »..etc..

Le matériel d’imprimerie des journaux  « Le Bruxellois », « Le messager de Bruxelles » et de « La Belgique » sont séquestrés et placé jusqu’à nouvel ordre sous la surveillance de la police communale.

On lit encore que l’armée belge va occuper un secteur du territoire allemand « que les Alliés doivent garder durant l’armistice ».  Ce sera probablement Aix-la-Chapelle et les environs de cette ville.

Le journal se vend 10 centimes mais ce n’est comme l’annonce la rédaction que provisoire car « le prix du papier et des diverses matières premières qui est maintenant excessivement élevé, devant se régulariser sous peu, nous fixerons à bref délai le prix de l’abonnement.

Jusqu’alors le journal sera vendu au numéro ».       

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19/06/2010

Albert 1er et le gouvernement Broqueville 14-18

Brogqueville

L’auteur en bon historien ne rapporte un événement qu’après en avoir vérifié auprès de sources fiables sinon écrites la véracité multipliant les renvois à des notes qu’il faut consulter en fin de volume ce qui est d’ailleurs agaçant.

Quoiqu’il en soit l’ouvrage est intéressant.

Il relate les avatars du gouvernement  belge pendant la guerre  et casse  l’imagerie d’Epinal généralement répandue depuis près  de cent ans en dévoilant la division qui partageaient déjà  Flamands et Wallons.

Rappelant Août 14 l’auteur  évoque l’armée belge et  écrit  « Voici le milieu dans lequel s’intègrent avec beaucoup de patriotisme les appelés et les volontaires wallons et flamands.

Bientôt ces derniers vont constater une chose épouvantable : pour obtenir des avancements – et un avancement signifie souvent une possibilité d’éloignement du front donc une chance de sauver sa vie – il faut posséder la langue française.  Que ce soit pour intégrer les armes spéciales : artillerie, communication, aviation où la terminologie est exclusivement française (… )».

Après l’arrêt des troupes allemandes sur l’Yser les soldats belges vivent à l’étroit  toutes couches de la population confondues.  Les intellectuels flamands sont au contact de la troupe.  Ils constatent, ils interrogent et  font comprendre l’iniquité de la situation.

Un activisme latent règne dans tous les régiments.

Le 13 janvier 1916 le ministre Broqueville adresse une circulaire « concernant l’emploi de la langue flamande par les officiers » dans laquelle il rappelle « que les communications à la troupe doivent être faites dans les deux langues nationales et il les encourage à s’entretenir avec les hommes dans leur langue ce qui ne peut  que favoriser la bonne entente ».

Le soldat flamands manifestaient souvent par groupes « généralement de 100 à 400 désarmés mais munis de bâtons qui scandaient les slogans convenus et se disloquaient dans le calme avant que les forces de l’ordre ne puissent intervenir. Au passage les manifestants ne craignaient pas de se servir de leurs bâtons contre les opposants : des gendarmes ou même des officiers. Mais le général Jacques parvint à disloquer une telle manifestation en braquant sur elle les projecteurs anti-aériens ». 

Beaucoup de  manifestants furent traduits devant le Conseil de Guerre.

Le « Procès de la 6eme Division d’Armée » en est un des exemples le plus éloquent  au cours de celui-ci  « les droits de la défense furent tellement bafoués  par exemple en empêchant les avocats de la défense d’arriver à La Panne  que l’Opinion Wallonne elle-même protesta ».

A la libération de la Belgique  les « Conversations de Loppem » mirent en échec les aspirations flamandes.

Aujourd’hui la Belgique semble n’avoir toujours pas résolu son problème communautaire.

 

L’auteur de l’ouvrage, Luc Schepens, est Chef de Travaux à la Province de la Flandre Orientale  et  il serait peut-être intéressant de connaître l’opinion d’un historien wallon sur le sujet.                 

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09/06/2010

La Belle Motte et la Bataille de Charleroi.

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« Dès le début notre artillerie affirma sa supériorité sur les pièces allemandes et la terreur que notre 75 inspira aussitôt aux barbares fait son meilleur éloge »

Ces  commentaires aux images naïves consacrées à la Bataille de Charleroi  et parues dans un journal de l’époque  ne devaient guère éclairer le lecteur sur la situation réelle et certainement pas sur le nombre de victimes laissées autour de Charleroi par les armées françaises.

Une petite visite au cimetière de La Belle Motte donne une idée de ce que fut l’hécatombe.

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4057 soldats français sont enterrés là.

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Certains n’ont plus de noms d’autres ont une identité incertaine tandis plusieurs milliers anonymes s’entassent dans deux ossuaires.


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La tombe 1139 porte un nom. C’est celle du sapeur du 3ème Génie Taffin Louis Henri membre d’une  famille particulièrement éprouvée lors de ce conflit car  peu après qu’il fut lui-même atteint d’une balle à la tempe aux combats de Sart Saint-Laurent le 23 août 1914 son frère aîné Jean-Baptiste est mortellement blessé le 9 septembre à Hudiviller.  Moins d’un an plus tard c’est son autre frère, Paul, qui décède de ses blessures à  Angres le 8 juillet 1915 !

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La date du décès du caporal du 3e BCP Luddens Arthur mort le  3 novembre 1918 semble anachronique  au regard de tous ces soldats morts les 22 ou 23 août 1914.

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28/05/2010

Le Passé

LePassé

 

Le Passé.

 

« Le Passé » était la revue du Cercle d’Histoire et d’Archéologie de Pont-à-Celles dont le n° 1 paru en juin 1963 pour se terminer  en avril 1971 avec le n° 40.

Dans le n° 10 de décembre 1964 débute la relation des combats d’août 1914 dans l’entité.

Le 20 août arrivent quelques 1500 fantassins  français accompagnés de cavaliers dont 120 cuirassiers et 4 canons.

Ils s’installent derrière le canal  qui traverse la localité.

Le premier contact a lieu  le 21 vers 7h30 près du cimetière de Pont-à-Celles.

Les pertes allemandes sont assez conséquentes dues surtout aux  4 canons embusqués dans les taillis qui bordent la chaussée de Brunehault.

Vers 13.00 sous la poussée constante des Allemands les Français  doivent  se replier vers Courcelles et Gouy-lez-Piéton.

Profitant de l’obscurité hommes et chevaux s’en vont vers Anderlues où beaucoup trouveront leur destin lors de la Bataille de Collarmont.

Dans son livre « Journal d’un officier de cavalerie » le Chef d’Escadron Ouy-Vernazobres  écrit :

Courcelles le 21 août.

Aujourd’hui nous dit-on, repos ; évacuez les chevaux inutilisables.  Ce mot  nous porte la guigne ! Nous déjeunions lorsque le canon se met à tonner à quelques kilomètres vers Luttre ( qui fait partie de l’entité de Pont-à-Celles ).

Alerte, cris, bousculades ; on prend des positions de combat à pied que l’on garde jusqu’au soir, puis nous nous retirons.

Quelle nuit ! On marchait pendant quelques mètres et on s’arrêtait.  On dort  debout ; les chevaux ralentissent ; ceux qui suivent se cognent le nez contre la croupe de ceux qui précèdent et s’arrêtent.  Ce sont des à-coups formidables et incessants.  Quant on met pied à terre, les hommes s’affalent, s’accroupissent, s’allongent, se pelotent entre les jambes de leurs chevaux sur la route.  Les officiers, privilégiés, ont le seuil des portes.  Le Général de Brigade dort debout, les coudes appuyés sur une fenêtre, la tête entre les mains.  Pas un bruit, pas un souffle.  Et ce spectacle d’hommes et de chevaux dormant emmêlés, écrasés de sommeil a quelque chose de fantastique.

 

C’est ainsi que d’achève cette journée du 21 à Pont-à-Celles.  

 

D’après l’auteur du texte dans « Le Passé » : « Trois français seulement sont tombés sur le champ de bataille.  Deux furent tués par les balles ennemies, le troisième se noya accidentellement d’une façon triste et sans gloire : en se sauvant  en vélo par le pont du chemin de fer.  Il tomba dans le canal à cause qu’on avait enlevé des traverses.

On le retrouva huit jours plus tard, placé debout contre les piles du pont ».

 

En 1963 les témoins de la tragédie de 14 ne manquent pas : «  Fernand Gilles allant à la pêche était présent quand on retrouva ce malheureux ; « c’était affreux, j’en devenais malade ».

 

On lit encore dans ce texte :

« Deux de ces Français reposent au cimetière de Pont-à-Celles : Albert Pierre, cycliste de la garnison de Versailles et Maurice Leclercq milicien de la classe de 1912. Zéphir de Neuville (4ème régiment de cuirassiers, à Rebreuville, Pas-de-Calais).

 

Je me suis rendu au cimetière communal pour y trouver ces tombes qui n’y sont plus.

Plusieurs  personnes interrogées m’ont affirmé que dans les années ’50 l’armée Française était venue rechercher ses soldats.

 

Ces gens  dont certains ont maintenant  la septantaine m’ont également dit  « il y avait bien une trentaine de cercueils »

 

Qui étaient-ils ?

 

Comme dit plus haut, il n’y a plus de tombes mais un monument où sont gravés quatre noms et pas trois  car aux trois premiers cités s’ajoute Louis Batardy  sans date de décès.  

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22/05/2010

Le Génie Militaire Belge

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Le génie militaire belge s’est particulièrement développé au cours de la première  guerre mondiale.

L’Asbl du Musée du Génie a réalisé quelques ouvrages particulièrement intéressants sur la question notamment « Le Génie pendant la Première Guerre Mondiale (1914-1918) et l’entre-deux guerres jusqu’en 1939 » qui va de l’organisation de l’Armée Belge et du génie à la veille du 04 août 1914 jusqu’à la fin de la guerre, l’occupation de la Rhénanie et de la Ruhr. En passant  par la Compagnie d’Aviateurs (la Force  Aérienne était une composante du Génie)  jusqu’à la Compagnie des Aérostiers.

Cette brève présentation de cet écrit sur lequel on reviendra  me permet de vous présenter quelques photos réalisées il y a quelques jours au Musée du Génie.

Parmi les centaines de pièces exposées on peut y voir  bonnet à floche d’officier, giberne, « art des Tranchées », manuels..etc..

 

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